dimanche 7 juin 2015

Interview de Dominique Canut dans Informations ouvrières

Dominique, peux tu nous dire ce qui t'a conduit à participer à la création du parti ouvrier indépendant ?
J’avais été invité à un meeting organisé à Marseille pour soutenir la candidature de Gérard SCHIVARDI alors candidat des maires aux élections présidentielles de 2007. J’étais venu un peu en observateur et j’ai d’ailleurs tenu le bureau de vote en qualité de délégué de MG BUFFET, candidate aux présidentielles. Au lendemain de ces élections Gérard SCHIVARDI lançait avec Daniel GLUCKSTEIN un appel pour la construction d’un parti ouvrier. De mon coté, j’ai tout de suite accepté de faire partie de cette aventure, d’autant que si j’étais toujours adhérent, j’avais cessé toute activité militante au PCF et retrouvé dans ce projet un grand nombre de convergences politiques, comme la rupture avec l’Europe de Maastricht, pour la défense des 36000 communes, pour le socialisme, la république et la démocratie.

Pourtant, tu avais des attaches avec ce parti…
Effectivement 30 années d’adhésion, de militantisme, de distribution de tracts le matin à la porte de l’arsenal, d’initiatives politiques avec mes camarades, ça crée des liens. Quand ils ont appris que je quittais le parti communiste je sais que beaucoup ont commenté mon départ et pas spécialement dans de bons termes. Pourtant, nombreux étaient mes camarades qui partageaient mon point de vue sur ce qu’était devenue la nature du PCF, d’ailleurs certains démissionnaient puis revenaient, se trouvant en quelque sorte orphelins d’un parti répondant à leurs attentes. D’autres pensaient qu’il valait mieux rester pour tenter d’enrayer la dérive sociale démocrate. Oui, des camarades m’ont tourné le dos lorsqu’ils ont appris que je participais activement à la construction de ce parti ouvrier.

Sur quoi portaient tes désaccords ?
Tout d’abord, je voudrais dire que j’étais d’accord avec l’abandon de la dictature du prolétariat et, de même, concernant l’adhésion à la philosophie matérialiste comme condition à l’adhésion au PCF (un catholique, musulman ou autre croyant relevant d’une philosophie idéaliste ne pouvait être adhérent). En revanche, dès l’arrivée de Robert HUE, le PCF a vu ses statuts profondément transformés, comme par exemple le fait que le secrétaire national a le pouvoir de désigner des membres sortants au Conseil National, sans que ces derniers ne soient élus dans leurs structures, ni le congrès. Rien n’est plus anti-démocratique !
Mais le pire sur le plan politique a été le reniement des fondamentaux, comme l’acceptation de l’économie de marché, renonçant en cela aux principes économiques qui fondent le socialisme, la socialisation des moyens de production.
Le PCF revendique également l’élargissement de la communauté européenne à la Turquie, alors qu’il s’était prononcé en son temps contre le traité de Maastricht.
Le plus grave à mes yeux est sans aucun doute le refus catégorique du PCF de revendiquer avec le POI la ré-étatisation de DCNS qui a été privatisée par le ministre socialiste RICHARD. Si on considère que les armes sont des marchandises comme les autres, alors…
Récemment, les militants communistes ont été une nouvelle fois malmenés et même sans doute ébranlés, les élections municipales ont été le théâtre de stratégies d’alliances ou de mésalliances avec le PS. Si le PS pouvait l’emporter le PCF devait faire alliance (comme à La Seyne-sur-mer) et lorsque le PS n’avait aucune chance d’être au second tour, alors le PCF pouvait se rapprocher des autres partis de gauche, y compris du POI (comme à Toulon). Il paraît que la stratégie des alliances à La Seyne comme à Toulon relève d’une même démarche : « être utile aux citoyens » ! Tout ça, en fait, pour préserver le poste de quelques élus communistes qui se retrouveront tôt ou tard d’ailleurs dans un parti des verts, du PG ou socialiste (comme Robert HUE)…

Après maintenant plus de 7 années, comment es-tu considéré par tes camarades du PCF ?
Maintenant, du point de vue de la pratique, ils savent et reconnaissent que je reste ce que j’ai toujours été, c’est-à-dire un communiste qui n’a rien abandonné. Le problème provient du fait que de nombreux  adhérents du PCF sont très attachés à ce parti qui a été un grand parti ouvrier, pensant qu’il est et sera ce qu’il a toujours été. Les autres pensent qu’ils pourront préserver l’essentiel des restes d’un parti révolutionnaire. La question n’est pas de tenter de les faire démissionner de leur parti, mais de construire ensemble, dans l’unité, une issue possible à cette politique dévastatrice du gouvernement Hollande-Valls.


Le 6 juin, le journal Informations ouvrières, tribune libre de la lutte des classes, organise une assemblée-débat où chaque militant ouvrier a sa place pour peu qu’il considère qu’il faut porter un coup d’arrêt, dans l’unité, à cette politique dévastatrice du gouvernement Hollande-Valls pour tous les acquis de la classe ouvrière. Je vous appelle à en discuter mes camarades.

samedi 28 février 2015

Le POI t’invite à débattre jeudi 26 mars


Des milliers de militants syndicalistes sont engagés avec les militants du POI dans le combat pour préserver l’indépendance des organisations syndicales afin de mettre en échec la politique du gouvernement et de l’Union européenne. Tous s’interrogent : comment réaliser l’unité pour bloquer les contre-réformes ?

Face à la politique du gouvernement Hollande-Valls, bâtir une perspective politique est inséparable de l’action pratique qui ouvre cette perspective, ce qui se concentre aujourd’hui dans le combat pour le retrait de la loi Macron, du pacte de responsabilité et de chacune des mesures qui y sont liées.

Parce que toutes ces questions appellent débat, nous avons décidé de faire du prochain congrès du POI un congrès ouvert, préparé et construit en commun avec ces milliers de militants avec qui nous sommes engagés dans la lutte de classe. Dans ce cadre, tu trouveras ci-dessous la contribution rédigée par Quentin Dauphiné, syndicaliste dans l'enseignement, ancien militant du PG, qui, sans partager toutes nos positions, invite à participer à notre assemblée ouverte.

Dans le Var et la région, c’est avec des militants comme lui et des dizaines d’autres que nous avons lancé un appel pour aider à réaliser l’unité contre la liquidation de la SNCM. Notre journal Informations ouvrières s’est fait l’écho de cette initiative, et sur le terrain de la lutte de classe, en janvier dernier, les Unions départementales CGT, FO, FSU et Solidaires ont adopté un communiqué suivi d’une délégation unitaire chez le préfet du Var pour défendre les revendications des marins, parce que la bataille des marins est celle de tous les salariés contre la remise en cause des conquêtes sociales. « Nous ne gagnerons pas tous seuls ! » disent de plus en plus souvent les marins de la SNCM comme les travailleurs de tous les secteurs professionnels. Les deux confédérations ouvrières, la CGT et FO, ont décidé d’appeler à une journée de grève nationale interprofessionnelle le 9 avril. La question d’appels unitaires sur les revendications, pour le retrait de la loi Macron et du pacte de responsabilité, est posée dans chaque entreprise, dans chaque établissement.

N’est-ce pas un point d’appui, une première étape pour construire l’unité des travailleurs et de leurs organisations qui stoppera la politique du gouvernement ? 550 militants, membres d’organisations syndicales différentes, se sont réunis en conférence nationale le 17 janvier, et disaient dans leur appel : « Pour barrer la route à l'entreprise de destruction sans précédent engagée par ce gouvernement nous sommes parvenus à la conclusion que l’heure est à la mobilisation, l’heure est à la construction du rapport de force : pour bloquer cette offensive, il faut bloquer le pays. »

Ne faut-il pas construire une force politique pour aider à la lutte de classe, pour aider à réaliser l’unité face à la politique du gouvernement ? Discutons-en

Jeudi 26 mars au local de La Seyne, à 18 h
(8 rue Joseph Rousset)

Fraternellement, le bureau départemental

Quentin Dauphiné :

Face aux politiques d'austérité et au capitalisme, face à la troïka,
quelles perspectives politiques, quelle force pour les porter ?

Le 25 janvier, en portant le parti Syriza au pouvoir, le peuple grec a exprimé clairement les aspirations de millions de travailleurs et travailleuses dans tout l'Europe : les plans d'austérité, la dégradation des conditions de vie, le racisme, la misère, ça suffit !

Syriza se situe dans le cadre du système capitaliste qu'elle veut "humaniser", mais a été portée au pouvoir par ceux et celles qui aspirent à rompre avec l'austérité, les politiques du FMI, de la Banque Mondiale et de l'Union Européenne. Autrement dit augmenter les salaires, défendre les droits sociaux et démocratiques, restaurer les services publics, mettre en place un Etat laïque… et donc dénoncer la "dette" publique et annuler les mémorandums qui ont plongé le pays des dizaines d'années en arrière.

Le gouvernement grec se trouve ainsi devant un choix à faire : défendre les aspirations de ceux et celles qui l'ont porté au pouvoir après des dizaines de grèves et manifestations… ou plier face aux injonctions du capitalisme qui le somment d'aller encore plus loin dans la destruction des droits. Et, de fait, il a commencé à reculer, à accepter la poursuite de politiques inacceptables, quitte à abandonner ses engagements électoraux.

C'est le même choix qui attend tous les partis de gauche, du mouvement ouvrier, toutes les organisations syndicales : combattre le capitalisme et ses politiques, ou accompagner des régressions sans fin.

En France, le gouvernement Hollande - Valls a clairement choisi son camp, celui du capital. Il attaque les retraites, les salaires, le code du travail, met en danger les libertés et même réprime ceux et celles qui combattent sa politique. S'appuyant sur les odieux assassinats des journalistes de Charlie Hebdo, il somme le mouvement ouvrier de renoncer à ses revendications sous couvert de "dialogue social" et d'"union sacrée".

Les partis du mouvement ouvrier et les syndicats s'y trouvent confrontés. Les luttes et les résistances ne manquent pas face à cette politique. Pourtant elles n'ont pas réussi à empêcher ce gouvernement d'enchaîner contre-réforme sur contre-réforme. Les positionnements des directions du Front de Gauche qui continuent à s'allier au PS dans des circonstances décisives, n'ont-elles pas désorienté le monde du travail ? Les directions syndicales, acceptant de négocier des régressions et organisant des "journées d'action" sans lendemain, n'ont-elles pas aussi leur part de responsabilité ?

Comment faire face à cette politique, dans les luttes mais aussi en termes de perspectives politiques ? Quelle force, quelle unité, pour porter les aspirations du salariat, et leur rester fidèle ? Cette question concerne l'ensemble des militants et militantes, quels que soient leurs choix politiques, syndicaux et philosophiques.

Le POI a proposé dans ce cadre de discuter largement avec les militants et militantes de toutes origines et de toutes convictions qui, sans renoncer à leurs convictions, estiment que seul le débat démocratique peut permettre de donner une perspective au monde du travail.

C'est pourquoi nous vous convions à une réunion de débat jeudi 26 mars à La Seyne, au local GERSE.

mercredi 18 février 2015

"Nous étions 600 salariés rassemblés à l'entrée d'ITER"

Interview de Patrick Capot, délégué syndical CGT Vinci, dans Informations ouvrières

         Le 5 février, la fédération CGT construction a appelé à la grève et à deux rassemblements à Dunkerque, sur le terminal méthanier, et à Cadarache, sur le chantier ITER. Peux-tu nous préciser ce qui est en jeu ?

    Au-delà des revendications confédérales sur les salaires notamment, nous avons des revendications plus spécifiques dans notre secteur d’activité : la possibilité de partir en retraite à 55 ans pour travaux pénibles, et le combat contre la remise en cause des droits sociaux avec les travailleurs détachés. Le BTP a perdu 40 000 emplois en 2014. Le salaire moyen d’un ouvrier de la construction, c’est 1 500 €, et un travailleur détaché, payé avec les conditions de son pays d’origine, c’est 450 € par mois net ! Voilà le bilan de la « concurrence libre et non faussée » de l’Union européenne !
Nous étions 600 salariés rassemblés pour organiser un barrage filtrant à l’entrée du chantier ITER. On demande aussi à pouvoir implanter une Union locale CGT sur le site de Cadarache.

     550 militants syndicalistes réunis en conférence nationale le 17 janvier ont adopté une déclaration qui dit « Pour barrer la route à l’entreprise de destruction sans précédent engagée par ce gouvernement, nous sommes parvenus à la conclusion que l’heure est à la mobilisation, l’heure est à la construction du rapport de force : pour bloquer cette offensive, il faut bloquer le pays. » Le Comité confédéral national de la CGT vient de se prononcer pour une journée nationale interprofessionnelle de mobilisation et d’arrêts de travail, le congrès confédéral FO s’est prononcé pour une journée nationale de grève interprofessionnelle. Comment vois-tu la suite ?

    Cette grève et ce rassemblement ont permis de ressouder les liens entre les syndiqués, leur fédération et la confédération, en remettant en avant les revendications de la base. La grève interprofessionnelle, c’est une demande récurrente pour réaliser l’unité face au gouvernement et au patronat, qui bénéficie, avec le pacte de responsabilité, de milliards d’exonérations de cotisations patronales aux dépens des travailleurs.
Le groupe Vinci, qui va redistribuer 80 % de dividendes en plus à ses actionnaires pour 2014, a accordé à une partie de ses salariés pour seule augmentation des bons d’achat non alimentaires !
Il faut un appel à la grève interprofessionnelle contre le pacte de responsabilité et la loi Macron avec la CGT et FO, les deux confédérations qui ont quitté la conférence sociale.


jeudi 27 novembre 2014

Médecine du travail

Un coup porté à la santé des travailleurs
Article paru dans Informations ouvrières

Le Conseil de la simplification prescrit le transfert de la visite médicale d'embauche chez les généralistes

Au printemps dernier, la Direction générale du Travail a publié un rapport qui « suggère des pistes d'évolution », sous forme interrogative. Mais comme on dit : « poser la question c'est déjà y répondre ».
  • Aptitude médicale ? Quel est son intérêt ? Quelles obligations à l'embauche des salariés compte tenu du marché l'emploi dans de lequel les contrats courts dominent très largement ?
  • Quelle est la plus-value d'examens systématiques à l'embauche, quel que soit le poste ?
  • Faut-il modifier le contenu de la surveillance médicale renforcée pour le travail de nuit ? Recours à l'entretien infirmier en alternance avec une visite médicale tous les 6 mois, voire aller jusqu'à un espacement des visites… 
Le patronat n'en demandait pas tant !

Le 23 octobre une structure nationale regroupant quasiment l'ensemble SSTI des départements qui porte le nom de CISME, association dirigée par le patronat, s’engouffre dans la brèche en publiant un « appel » pour « traiter les difficultés des entreprises à mettre en œuvre un suivi individuel de l'état de santé des salariés… » et « milite pour une modification des textes ».
C'est appel enfonce le clou : « le mouvement de simplification pour les entreprises initiées dans notre pays constitue une opportunité pour faire évoluer le code du travail dans ce domaine ».
Ce texte propose ni plus ni moins que l'abandon du suivi médical systématique et la remise en cause du systématisme de la vie d'aptitude.

Le 30 octobre, sont proposés par le conseil de simplification 50 mesures dont :
  • Le transfert de la visite d'embauche chez les généralistes.
  • La fin de la visite périodique obligatoire.
  • La suppression de la possibilité par le médecin du travail de demander l'aménagement d'un poste de travail pour un salarié ayant des problèmes de santé.
Au détour du vote de la dernière loi sur les retraites, le gouvernement Fillon-Sarkozy avait fait également voter une loi concernant la médecine du travail et les Services de Santé au Travail. Le train de mesures était décliné en décrets, circulaires, etc. entre 2011 et 2012. L’arrivée au pouvoir de Hollande - Ayrault, malgré les sollicitations de syndicats professionnels de médecins du travail, n’aura absolument rien changé au contenu de cette contre-réforme.

Engagement avait seulement été pris de laisser l’expérimentation se faire durant une année et de revoir la copie en fonction des évolutions.

Déjà cette contre-réforme prévoyait de repousser les visites systématiques à 4 ans, de remplacer les médecins du travail entre chaque visite par des infirmiers qui réaliseront des entretiens, de repousser la visite de reprise pour accident de travail de 15 jours à 30 jours d’arrêt de travail et celle pour maladie de 21 à également 30 jours.

Dans le Var, la DIRECCTE vient d’accorder à l’Association Interprofessionnelle de Santé au Travail (AIST 83) de réaliser les visites périodiques à 4 ans au lieu de 2 ans pour bon nombre de salariés bénéficiant d’une Surveillance Médicale Renforcée (SMR) du fait de la nature de leurs expositions, subies au travail, susceptibles de porter atteinte à leur santé. Les Intervenants en Prévention des Risques Professionnels perdent leur statut, dont le métier faisait l’objet d’une habilitation octroyée par la CRAM (CARSAT). C’est maintenant terminé, chaque employeur peut désigner dans son entreprise qui bon lui semble faire l’affaire. Il en est donc fini de leur indépendance.

Concernant la dite gouvernance des SSTI (Services Interprofessionnels), il avait été introduit le paritarisme au Conseil d’Administration, c’est à dire 50% patrons, 50% représentants des salariés, la présidence revenant … au patronat, laissant aux organisations syndicales la présidence de la commission de contrôle, autant dire un strapontin (...) Rappelons la double peine dont sont déjà victimes les ouvriers, en effet un homme cadre supérieur de 35 ans peut espérer vivre encore 47 ans dont 34 indemne de toute incapacité, alors qu’un ouvrier, 41 ans (6 ans de moins d’espérance de vie) dont 24 ans sans incapacité (10 ans de moins).

De surcroît, en dix ans, le nombre de maladies professionnelles a plus que doublé (source CNAMTS, Direction des risques professionnels).

Mais ça ne suffit pas ! Le patronat, porté par le gouvernement, veut casser cet acquis social fondamental qui a été construit au fil des années de luttes, comme tous les autres. Les 40 milliards d’€ de cadeaux aux patrons du pacte de responsabilité ne suffisent pas ! Et c’est donc au détour de mesures du choc de simplification que le gouvernement en profite pour détruire encore d’avantage la prévention de la santé des travailleursIl est encore tôt pour connaître la réaction des organisations syndicales confédérées, mais d'ores et déjà, la CGC s’est déclarée "totalement opposée" à cette mesure et FO juge qu’un éventuel transfert vers le médecin traitant est "inadmissible". On attend les prises de position du syndicat de médecins du travail ainsi que de la CGT et de la CFDT pour que la résistance s’organise au plus vite pour la mise en échec de la politique anti-ouvrière de ce gouvernement.

Dominique CANUT

samedi 25 octobre 2014

Les maires pour le retrait du projet de réforme territoriale

Article publié dans Informations ouvrières

C'est à Vins-sur-Carami, petite commune du Var située près de Brignoles, que s'est tenue, le 11 octobre dernier, l'assemblée annuelle des maires ruraux du département. Ils ont accueilli très positivement la pétition pour le retrait du projet de réforme territoriale.

Un maire du Haut-Var a relié le projet gouvernemental aux coupes dans les subventions d'Etat : "Si on veut maintenir un minimum de services à la population, il faudra augmenter les impôts. Cette réforme aura des conséquences désastreuses sur les investissements des communes."

Un autre nous a confié : "Nous ne pouvons plus assurer l'entretien de la voirie sans l'aide du Conseil Général ; si ce dernier disparaît, comment va-t-on faire ? On a déjà été contraints de faire sponsoriser notre bus de ramassage scolaire par des publicités."


Six élus ont signé l'appel lors de cette diffusion, s'ajoutant au cinq vus auparavant.

vendredi 19 septembre 2014

Tout se concentre dans le retrait du pacte de responsabilité

Article publié dans Informations ouvrières

Le secrétariat départemental avait choisi de convoquer une première réunion dès le 3 septembre pour que les comités POI du Var puissent rapidement se saisir des décisions votées par le BN de rentrée. Une quinzaine d’adhérents de quatre comités étaient présents et ont échangé à partir du compte rendu du bureau national.

La première partie de la discussion a permis de préciser l’importance de la bataille engagée pour le retrait du pacte de responsabilité, et comment chaque militant peut la traduire dans son secteur professionnel ou sa commune.

Un syndicaliste enseignant a ainsi fait état des premières remontées démontrant les conditions de la rentrée scolaire avec une multiplication de classes surchargées, d’enseignants confrontés, qui a conduit l’une des organisations syndicales (FSU) à inviter tous les autres syndicats de l’enseignement à une réunion le 2 septembre. Mais ce fut pour entendre dire que « La Ministre ne reculera pas cette année, notre responsabilité serait de modifier la situation pour la rentrée 2015, nous ne serions pas crédibles vis à vis des collègues, en revendiquant la suspension pour cette rentrée ». Ce syndicat avait pourtant appelé dans le Var à manifester en juin pour la suspension du décret Hamon. Le camarade a expliqué que le représentant d’un syndicat (FO) a rejeté cette proposition en revendiquant que soit réaffirmée l’exigence de retrait de la réforme Hamon, directement responsable des conditions de cette rentrée, et la saisine immédiate de la nouvelle ministre. Position qui a été rejointe par deux autres syndicats, CGT et SUD.

La discussion a ainsi mis au centre les conditions politiques de cette rentrée, avec l’importance de la place des adhérents du POI qui, en lien avec les dizaines de militants dans le mouvement ouvrier, peuvent poursuivre le travail d’aide à la résistance contre les tentatives d’accompagnement du pacte de responsabilité. Il a ainsi été fait un premier état de la situation dans les hôpitaux (remise en cause de services de réanimation à Hyères et Brignoles), à la DDTM (projet de privatisation d’une partie de l’examen du permis de conduite), sur le Port, avec la poursuite de la discussion avec les syndicalistes dockers qui avaient soutenu la grève des marins de la SNCM, aux Finances, à DCNS, et avec un certain nombre de contacts pris lors des manifestations contre la tuerie perpétrée tout l’été contre le peuple palestinien.

Plusieurs camarades ont également fait état des discussions qui ont lieu avec des militants syndicalistes abonnés à Informations Ouvrières, notamment à partir de la discussion de l’interview de Frédéric Alpozzo qui pointe l’accord PCF-PS constituant selon lui « un obstacle pour dégager une issue ». Il a été discuté des premières annonces syndicales, en faisant état de nombreuses interventions dans les instances de rentrée pour que soit formulée une initiative nationale et interprofessionnelle.

Une adhérente demande : "Effectivement, il s’agit d’aider à dégager une issue. L’invitation à notre réunion parle de l’organisation d’assises pour débattre, même avec ceux qui ne sont pas prêts à adhérer au POI, de quelle représentation politique la classe ouvrière a-t-elle besoin ? D’autres partis avancent la proposition d’assemblée constituante. Que cherche t’on ?"

Un autre camarade a rappelé que ce qui a été réalisé avec « l’appel SNCM », dont 70 signatures dans le Var, s’inscrit dans cette aide politique, comme l’a été la conférence nationale du 14 juin.

Dominique Canut a précisé qu’il y a eu cet échange au bureau national. Un camarade disait à juste titre qu’il faut poser le problème en sens inverse : ne pas dire qu’on est coincé dans la lutte de classe parce qu’il n’y a pas d’issue politique, mais plutôt « il n’y a pas de solution politique clé en main ; pour y arriver, il faut d’abord se mobiliser sur le terrain de classe pour le retrait du pacte de responsabilité ». Le congrès ouvert, les assises, on les construira à partir du regroupement avec tous ces militants avec qui nous combattons pour le retrait du pacte de responsabilité, dans la lutte de classe, et qui cherchent une issue politique même s’ils ne sont pas convaincus que le POI est la représentation politique des travailleurs qu’il faut.

L’assemblée s’est conclue par plusieurs décisions, parce que notre rôle, c’est d’aider à organiser de manière concrète tous ces militants qui cherchent une issue :
-   voir tous les adhérents avec l’adresse du bureau national pour les associer à cette campagne,
- revoir avec le nouvel appel des initiateurs de « l’appel des 160 », dans chaque secteur professionnel, les 70 signataires varois de « l’appel SNCM » pour mener avec eux cette discussion pour le retrait du pacte de responsabilité, et à quels obstacles nous sommes confrontés,
- prendre les dispositions pour le renouvellement des abonnements à Informations ouvrières qui va nourrir cette discussion, en réalisant des interviews de militants (une interview annoncée à l’équipement),
- organiser les comités locaux (assemblées, cartes, timbres, diffusion IO). Un premier comité local, celui de Toulon, a déjà décidé d’organiser une assemblée ouverte jeudi 2 octobre.


jeudi 11 septembre 2014

Une situation favorable pour entrer dans la discussion

Article publié dans Informations ouvrières

Le comité départemental du Var a adressé une lettre à tous les adhérents pour préparer son assemblée de rentrée, qui s'est tenue le 3 septembre :

Cette assemblée permettra, à partir du compte rendu du la réunion du Bureau national du POI tenue le samedi précédent, de préparer le Conseil Fédéral National convoqué 4 semaines plus tard. Rappelons que c’est ce dernier qui donnera le coup d’envoi de la préparation du Ve Congrès ouvert du Parti ouvrier indépendant.

Nous devons relier notre réflexion sur le congrès ouvert à celle sur la situation politique. Celle-ci évolue rapidement. La grève des cheminots en juin a marqué un tournant pour toute la classe ouvrière. Il y a eu l’acharnement des assemblées générales, le fait que le mot d’ordre de retrait s’est imposé. Cette grève a provoqué – et nous y avons participé avec notre campagne de prises de position de soutien - des fractures, y compris au sommet des organisations. Il a fallu l’amendement du député Chassaigne (PCF) qui est monté en première ligne pour aider le gouvernement. Quelles que soient par ailleurs les positions du responsable de la fédération CGT des cheminots, il est incontestable qu’il a reproché à Lepaon d’avoir appuyé « l’amendement d’enfumage »

Puis il y a eu la grève de la SNCM – là aussi avec notre engagement, dans la construction d’un appel de 350 militants - que nous avons largement suivie dans Informations ouvrières. Il est clair que le gouvernement apparaît comme de plus en plus isolé, sans appuis. Après le choc de la grève des cheminots, bien que le gouvernement Hollande-Valls n’y renonce pas, il rencontre des difficultés à avancer dans la voie de l’intégration des organisations. Cela s’est traduit par la décision de la CGT et de FO de quitter la conférence sociale avec la FSU et Solidaires. 

Le deuxième élément, c’est la crise des organisations et des partis, et des institutions. Nous avions déjà souligné l’effondrement du Parti socialiste. Et le PS, dans une récente élection locale partielle, a recueilli moins de 2 % des inscrits… Sous une autre forme, la question des rythmes scolaires, qui provoque une crise dans les communes et les organisations n’est en rien réglée. Ce lundi 25 août, un choc, suite aux déclarations de Montebourg, le Premier ministre Valls annonce la démission de son gouvernement. 

Les mobilisations massives au niveau international pour l’arrêt de l’intervention militaire israélienne contre le peuple palestinien ont accentué le fossé entre les travailleurs et le gouvernement Hollande, qui a apporté son soutien à Israël. Mais ces manifestations dans lesquelles nous avons pris toute notre place, sur nos propres mots d’ordres, montrent également l’impasse dans laquelle se trouvent les dirigeants des organisations de droite comme de gauche qui revendiquent « d’urgence la mise sous protection internationale (…) nécessitant le déploiement de forces internationales sous mandat de l’ONU et des couloirs humanitaires protégés » (L’Humanité dimanche), entérinant de fait la négation de toute souveraineté du peuple palestinien.

Il faut intégrer d’autre part dans cette situation le fait que nous avons franchi un pas dans des relations établies très largement avec des militants de toutes tendances. Les multiples interviews dans Informations ouvrières en témoignent. Les 70 militants varois de toutes tendances qui ont signé l’appel « SNCM » publié par I.O., dont de nombreux responsables syndicaux, montrent cette modification dans nos relations avec tous ces militants. 

Autre élément de la crise qui se développe, la difficulté pour le gouvernement à faire passer la réforme territoriale, avec la crise qui se développe au niveau de toutes les représentations politiques institutionnelles. 

La situation est donc très favorable pour que des militants entrent dans la discussion. Le trait de la situation, c’est que les travailleurs sont disponibles pour discuter avec nous sur les perspectives politiques, d’autant que s’ajoute à cela le fait que certains ne se sentent plus représentés par un parti, ce qui s’exprime dans l’abstention, mais aussi parmi les militants. 

Dans ces conditions, il est clair que devant le vide politique créé par cette décomposition, la question d’une représentation politique des travailleurs conforme aux intérêts ouvriers se pose. Pour notre part, en convoquant le congrès comme un congrès ouvert, nous proposons une méthode de préparation sur toute une période. Pourrions-nous par exemple proposer très largement et sans exclusive que se tiennent des assises pour discuter de quelle représentation politique ouvrière ? Pour nous, nous avons une réponse : c’est la construction du POI. D’autres n’aboutissent pas à cette conclusion. Il faut réfléchir à la façon d’organiser ce débat. Bien entendu, il ne s’agit pas d’imposer un schéma. Par exemple, en prenant les discussions avec les militants sur des problèmes tels qu’ils se posent : qui peut représenter les travailleurs aujourd’hui ? Le PCF, lui qui a aidé à la mise en place de la loi ferroviaire en s’abstenant ? Le Parti socialiste ? Mélenchon, qui vient de démissionner de sa responsabilité du PG « pour préparer les élections présidentielles de 2017 » ? Ce qui se traduit par d’importantes fractures, discussions et interrogations chez les militants de ces organisations. Alors quelle représentation pour la classe ouvrière ? Quel programme d’action reliant chacune des questions posées aujourd’hui à la classe à la question du pouvoir ? 

A partir du compte rendu du Bureau national, nous discuterons de ces questions, nous prendrons des décisions plus précises pour notre intervention et la préparation de ce congrès ouvert lors de notre assemblée de rentrée.

Une proposition : que chaque camarade vienne à cette réunion avec l’état de ses abonnements et vente IO pour que nous mettions au centre des objectifs de cette assemblée le renouvellement de ces abonnements.