mercredi 18 février 2015

"Nous étions 600 salariés rassemblés à l'entrée d'ITER"

Interview de Patrick Capot, délégué syndical CGT Vinci, dans Informations ouvrières

         Le 5 février, la fédération CGT construction a appelé à la grève et à deux rassemblements à Dunkerque, sur le terminal méthanier, et à Cadarache, sur le chantier ITER. Peux-tu nous préciser ce qui est en jeu ?

    Au-delà des revendications confédérales sur les salaires notamment, nous avons des revendications plus spécifiques dans notre secteur d’activité : la possibilité de partir en retraite à 55 ans pour travaux pénibles, et le combat contre la remise en cause des droits sociaux avec les travailleurs détachés. Le BTP a perdu 40 000 emplois en 2014. Le salaire moyen d’un ouvrier de la construction, c’est 1 500 €, et un travailleur détaché, payé avec les conditions de son pays d’origine, c’est 450 € par mois net ! Voilà le bilan de la « concurrence libre et non faussée » de l’Union européenne !
Nous étions 600 salariés rassemblés pour organiser un barrage filtrant à l’entrée du chantier ITER. On demande aussi à pouvoir implanter une Union locale CGT sur le site de Cadarache.

     550 militants syndicalistes réunis en conférence nationale le 17 janvier ont adopté une déclaration qui dit « Pour barrer la route à l’entreprise de destruction sans précédent engagée par ce gouvernement, nous sommes parvenus à la conclusion que l’heure est à la mobilisation, l’heure est à la construction du rapport de force : pour bloquer cette offensive, il faut bloquer le pays. » Le Comité confédéral national de la CGT vient de se prononcer pour une journée nationale interprofessionnelle de mobilisation et d’arrêts de travail, le congrès confédéral FO s’est prononcé pour une journée nationale de grève interprofessionnelle. Comment vois-tu la suite ?

    Cette grève et ce rassemblement ont permis de ressouder les liens entre les syndiqués, leur fédération et la confédération, en remettant en avant les revendications de la base. La grève interprofessionnelle, c’est une demande récurrente pour réaliser l’unité face au gouvernement et au patronat, qui bénéficie, avec le pacte de responsabilité, de milliards d’exonérations de cotisations patronales aux dépens des travailleurs.
Le groupe Vinci, qui va redistribuer 80 % de dividendes en plus à ses actionnaires pour 2014, a accordé à une partie de ses salariés pour seule augmentation des bons d’achat non alimentaires !
Il faut un appel à la grève interprofessionnelle contre le pacte de responsabilité et la loi Macron avec la CGT et FO, les deux confédérations qui ont quitté la conférence sociale.


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