Le 5 février, la fédération CGT
construction a appelé à la grève et à deux rassemblements à Dunkerque, sur le
terminal méthanier, et à Cadarache, sur le chantier ITER. Peux-tu nous préciser
ce qui est en jeu ?
Au-delà des revendications confédérales sur les salaires notamment,
nous avons des revendications plus spécifiques dans notre secteur
d’activité : la possibilité de partir en retraite à 55 ans pour travaux
pénibles, et le combat contre la remise en cause des droits sociaux avec les
travailleurs détachés. Le BTP a perdu 40 000 emplois en 2014. Le salaire
moyen d’un ouvrier de la construction, c’est 1 500 €, et un travailleur
détaché, payé avec les conditions de son pays d’origine, c’est 450 € par mois
net ! Voilà le bilan de la « concurrence libre et non faussée »
de l’Union européenne !
Nous étions 600 salariés rassemblés pour
organiser un barrage filtrant à l’entrée du chantier ITER. On demande aussi à
pouvoir implanter une Union locale CGT sur le site de Cadarache.
550 militants syndicalistes réunis
en conférence nationale le 17 janvier ont adopté une déclaration qui dit « Pour barrer la route à l’entreprise
de destruction sans précédent engagée par ce gouvernement, nous sommes parvenus
à la conclusion que l’heure est à la mobilisation, l’heure est à la
construction du rapport de force : pour bloquer cette offensive, il faut
bloquer le pays. » Le Comité confédéral national de la CGT vient de se
prononcer pour une journée nationale interprofessionnelle de mobilisation et
d’arrêts de travail, le congrès confédéral FO s’est prononcé pour une journée
nationale de grève interprofessionnelle. Comment vois-tu la suite ?
Cette grève et ce rassemblement ont permis de ressouder les liens entre
les syndiqués, leur fédération et la confédération, en remettant en avant les
revendications de la base. La grève interprofessionnelle, c’est une demande
récurrente pour réaliser l’unité face au gouvernement et au patronat, qui
bénéficie, avec le pacte de responsabilité, de milliards d’exonérations de
cotisations patronales aux dépens des travailleurs.
Le groupe Vinci, qui va redistribuer 80 % de
dividendes en plus à ses actionnaires pour 2014, a accordé à une partie de ses
salariés pour seule augmentation des bons d’achat non alimentaires !
Il faut un appel à la grève
interprofessionnelle contre le pacte de responsabilité et la loi Macron avec la
CGT et FO, les deux confédérations qui ont quitté la conférence sociale.
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