dimanche 29 avril 2018

Réunion du Comité du POI du Var, le 29 mars

Article paru dans Informations ouvrières n° 499

"Constituer des comités locaux de résistance
et de reconquête (CLRR) au plus près des militants"


Cette assemblée se tenait la semaine qui a suivi le Bureau national du POI et la réunion du Comité national de Résistance et Reconquête. Après les comptes rendus de ces deux réunions, la discussion s'est engagée sur la situation politique après la grève du 22 mars marquée par une mobilisation importante à Toulon (8 000 manifestants), comme dans le reste du pays. En tête du cortège se trouvaient les personnels des urgences de l'hôpital, en grève depuis début mars pour obtenir les embauches indispensables pour désengorger leur service et assurer un service public conforme aux exigences de sécurité et de soin.

Les échanges ont abordé plusieurs problèmes : certes, il y a la résistance de plus en plus forte dans différents secteurs (hôpital, taux de grévistes important aux finances publiques, retraités contre la hausse de la CSG, Carrefour...), mais l'annonce de la grève annoncée par l'intersyndicale des cheminots marque la situation par la détermination à refuser la casse de leur statut.

Un adhérent indique que, lors du congrès de son syndicat national, un délégué a proposé, sous les applaudissements, que des assemblées générales se tiennent avec les personnels le 3 avril, jour du début de la grève des cheminots. Mais la tribune du congrès a répondu : "D'accord, on va faire une circulaire."

Un syndicaliste retraité tout juste arrivé dans le Var reprend sa carte au POI, considère que « la base voudrait y aller, mais il n'y a rien qui se passe en haut » !

Mais dans le même temps, répond un autre adhérent syndicaliste dans un service public de l'Etat (DDE), plusieurs ont fait grève le 22 mars en disant : "Si la digue du statut des cheminots saute, c'est tous nos acquis qui vont être emportés !" Un autre a dit : "Je vais faire grève car, quand je vois Macron s'en prendre aux cheminots, ça veut dire qu'il veut tout casser, il faut l'arrêter !"

Pour confronter les points de vue, discuter de ces problèmes et chercher à les régler, l'assemblée a proposé que tous les adhérents du POI s'attachent à contribuer à la constitution de Comités locaux de Résistance et Reconquête dans tous les secteurs où ils interviennent, avec de multiples petites réunions autour d'Informations ouvrières.

Sont ainsi d'ores et déjà prévues des réunions dans les communes de La Garde, de Brignoles et à l'arsenal, à la direction départementale des territoires et de la mer et aux Finances publiques. Le but est que cette discussion politique se mène avec d'autres militants pour aider à la lutte de classe en cours dans ces secteurs.

C'est ainsi que trois interviews viennent d'être réalisées avec des responsables syndicaux CGT engagés dans la bataille, à l'hôpital de Toulon, à l'Atelier Industriel Aéronautique de Cuers-Pierrefeu, à Carrefour Grand Var.

Le secteur de la jeunesse n'a pas été oublié dans le plan de construction du parti : une diffusion a été organisée à l'entrée de la faculté de droit de Toulon avec des diffuseurs du POI et de l'AJR, avec le tract sur la mobilisation dans les facs pour le retrait de Parcoursup et la défense des diplômes nationaux.

Guerre de classe

Editorial de Franck Servel,
membre du Bureau national du POI,
publié dans Informations ouvrières n° 499


Dans la nuit du 13 au 14 avril, le gouvernement Macron a emboîté les pas des Etats-Unis pour bombarder la Syrie. Vous lirez dans ce journal le communiqué du bureau national du POI condamnant cette politique de guerre.

Ce même gouvernement Macron a décidé d'augmenter le budget militaire pour atteindre les 2 % du PIB et répondre aux exigences de l'OTAN, alors qu'au nom de la réduction des déficits publics, il supprime 120 000 emplois de fonctionnaires et s'attaque au statut de la SNCF.

Mais ne vous inquiétez pas... lors de ses deux interviews télévisées, il s'est évertué à essayer de nous rassurer. D'abord, les bombardements en Syrie, c'est pour « construire la paix » ! Et aux esprits chagrins qui contestent la réception à Paris du prince héritier d'Arabie saoudite, il a annoncé la tenue prochaine d'une conférence humanitaire commune sur le Yémen... pendant que l'Arabie saoudite bombarde le Yémen !

Alors que les cheminots sont engagés avec leurs organisations syndicales dans une grève massive pour la défense du service public et le maintien du statut de cheminot et de la SNCF, Macron a aussi tenté de les rassurer : il «  garantit absolument » que l'entreprise resterait publique « à 100 % de capitaux d'Etat ». Chacun se rappelle les précédents de France Telecom, Air France, EDF, GDF...

Pour démontrer en quoi cette « garantie » du chef de l'Etat est une fumisterie, je vais prendre l'exemple de la société dans laquelle je travaille. En novembre 2001, le gouvernement de « gauche plurielle » PS-PC change le statut de l'ex-Direction des Constructions Navales, qui était une administration de l'Etat, pour la transformer en société anonyme. Le futur ministre Le Drian est rapporteur du projet de loi. Il garantit « le contrôle intégral du capital de la société par l'Etat, se distinguant de toute privatisation même partielle ». Donc une DCN « à 100 % de capitaux d'Etat ».

Mais en décembre 2004, pour ouvrir le capital de la société, il suffit au gouvernement de droite Chirac – Raffarin de modifier la loi ainsi : les mots « dont le capital est détenu en totalité par l'Etat » sont remplacés par les mots « dont le capital initial est détenu en totalité par l'Etat »... et de rajouter « Une part minoritaire du capital de l'entreprise nationale peut être détenue par le secteur privé. » Aujourd'hui l'ex-DCN s'appelle Naval Group. L'Etat ne détient plus que 62,5 % du capital. La société vend des armements à l'Arabie saoudite. Un projet de rapprochement avec l'italien Fincantieri est en discussion pour créer une société européenne. Voilà ce que valent les garanties des gouvernements successifs pour le maintien « à 100 % de capitaux d'Etat » !

L'issue sera donc sur le terrain de la lutte de classe, mais il y a des obstacles. Les motions de soutien à la grève des cheminots se multiplient dans nombre de syndicats, fédérations...

Ces questions sont au centre des discussions des militants de toutes tendances qui échangent dans les Comités de Résistance et Reconquête. Le rôle d'Informations ouvrières est d’être le lieu où se mène ce débat. Et dans notre journal, nous décortiquons les mensonges du gouvernement sur la grève des cheminots. Cette semaine commence la campagne des abonnements d'été. Nous appelons tous les lecteurs à en assurer la réussite pour démêler le vrai du faux, afin d'aider à réunir pratiquement les conditions du combat d'ensemble face au gouvernement.


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mardi 5 décembre 2017

Co-entreprise Naval group / Fincantieri : dans quel but ?

Les 2 Guillou (Hervé et Alain, le PDG et son adjoint) l’ont précisé dans la presse :
- Pour le PDG de l’ex-DCNS, « Notre modèle n’est pas l’Airbus du naval, mais plutôt le Renault-Nissan du naval, avec des participations croisées. Pour les synergies, nous ne nous fixons pas de limites : Renault-Nissan en a fait beaucoup plus que ce qu’ils avaient promis au départ ».
- Pour son adjoint, « L’enjeu est de transformer Naval Group en un groupe international rentable, pour offrir à nos clients des navires, des équipements et des services à un prix concurrentiel sur le marché.

« Un groupe international rentable, à un prix concurrentiel sur le marché ».
Tout est dit.

Et s’il fallait encore mettre les points sur les i, le journal patronal Les Echos écrit le 24 novembre, à propos de la loi de programmation militaire, donc pour les seules activités de défense nationale : « Pour la future LPM, la Cour réclame de mieux négocier avec les industriels quitte à acheter du matériel « sur étagère » par appel d’offres au lieu de développer de longs et coûteux programmes nationaux. Une remise en cause du rôle de la Direction générale de l’armement ».
Aussitôt dit, aussitôt fait : un rapport commandité par la ministre des armées préconise la privatisation des services d’entretiens des avions de l’aéronavale !

Renaul-Nissan, Siemens-Alstom... Des exemples à suivre, paraît-il.

Des exemples à quel titre, l’emploi ?
Pour Renault, les « synergies » ont effectivement été « sans limites » : plus de 35 000 emplois supprimés en 10 ans !
Pour Alstom, le PDG de Siemens vient d’annoncer, d’entrée, 6 500 suppressions de postes !
(auxquels il faudrait ajouter les dizaines de milliers de postes détruits depuis 2003, avec vente des chantiers navals de Saint-Nazaire puis le démantèlement de la branche énergie au profit de l’américain General Electric en 2014).

Les entreprises publiques directement livrées aux appétits
de la spéculation financière

La « co-entreprise » Naval groupe/Fincantieri : non seulement les travailleurs de DCNS coûtent trop cher, mais c’est l’entreprise publique elle-même qu’il faut saborder.
Une preuve de plus dans cette guerre commerciale : toujours dans le journal Les Echos, ce même jour, il est fait état des difficultés d’une autre entreprise de fourniture militaire : « Leonardo, un géant italien doté de produits d’avant-garde, mais le groupe d’aéronautique et de défense souffre du manque de vision de son premier actionnaire, l’Etat italien. L’émergence d’une Europe de la défense risque de marginaliser le deuxième industriel de la péninsule ».

C’est la guerre, au sens propre, avec comme seule raison : 
accroître les bénéfices de l’économie d’armement.
C’est ce qu’ils veulent faire, sauf que...

Macron et son gouvernement persistent et signent dans cette entreprise de brigandage international. Comme le titrait un éditorialiste à propos d’Alstom : « C’est une page de l’industrie française qui se tourne ».

Les entreprises publiques, mais aussi l’école, la sécurité sociale... ce sont tous les acquis des plus grandes luttes ouvrières de ce pays « qui se tournent ».

En tout cas c’est ce qu’ils veulent faire... sauf que... Ce même journal Les Echos du 24 novembre rédige un éditorial qui dit ceci :
« Pourquoi la confiance des milieux économiques ne fait pas davantage tache d'huile chez l'ensemble des Français ? Le moral économique des ménages (mesuré par l'Insee) est déjà moins flamboyant. La confiance générale de nos concitoyens l'est encore moins. Or, si elle n'arrive pas, la reprise butera sur un plafond de verre et ses effets concrets feront pschitt ».
Ce même jour, il publie un article sur Siemens en indiquant qu’en Allemagne un rassemblement a eu lieu la semaine dernière : « Il n’y a aucune raison pour qu’une entreprise qui fait 6,3 milliards d’euros de profits supprime des emplois, a martelé le représentant du SPD, Martin Schulz, vêtu du gilet rouge du syndicat IG Metall, sous les applaudissements de son auditoire. Environ 2.000 personnes étaient là, selon la presse allemande ».

Sauf que, le Comité Central d'Entreprise de Naval group a voté majoritairement une résolution s'opposant à la co-entreprise Naval group / Fincantieri (votée par la CGT et la CGC),

Sauf que le congrès de la Fédération Nationale des Travailleurs de l'Etat CGT vient de voter une motion adressée à la Ministre des Armées exigeant l'abandon du projet de privatisation (changement du statut étatique) du SIAé (aéronautique militaire dont dépend l'AIA de Cuers-Pierrefeu),

Sauf que, à Toulon,
- l’intersyndicale CGT-FO-CFDT-UNSA-CGC-CFTC Défense a appelé à la grève le 10 octobre dans le cadre de l’action de grève nationale fonction publique,
- le lendemain 11 octobre, contre la volonté Parisienne de fermer le « garage » et d’externaliser ses missions, les personnels soutenus par l’intersyndicale (CGT-FO-CFDT-UNSA-CGC-CFTC) ont bloqué l’accès du parc dès 4 h du matin. Aucun transport n’a donc pu s’effectuer
- l’intersyndicale CGT-CFDT-UNSA-CGC de Naval group a exigé l’abandon du projet de direction commune Ollioules / Toulon
- l’intersyndicale CGT-CFDT-UNSA-CGC-Sud-CFTC a gagné le maintien d'une variabilité de ¾ d'heure à l'embauchée, contre le dispositif de l’accord d’entreprise
- dans le cadre de l’appel intersyndical CGT-FO-Solidaires du 16 novembre, la CGT a mis en avant le combat contre la nouvelle classification de la métallurgie qui contourne la référence au diplôme comme critère d’entrée dans la classification, et déjà validée par le nouvel accord d’entreprise de Naval group ! (précision : accord dont s’est félicité la direction en précisant qu’il permettait « de retrouver des marges de performance pour gagner des contrats face à des pays émergents comme la Corée », et qui a été signé par la CFDT et la CFE-CGC).

Aider ce combat de résistance à se renforcer.

Pour gagner, pour renforcer ce combat de résistance et de reconquête, les obstacles sont multiples.
Mais à tous les niveaux, dans les services et ateliers, dans les organisations syndicales, se multiplient la recherche des voies et les moyens de l’unité, d’abord par l’affirmation des revendications exprimant le maintien des acquis, qu’il s’agisse des emplois, des statuts, des salaires, des missions d’intérêt public. Et de la reconquête de la maîtrise totalement publique de DCNS.

C’est l’engagement des militants du POI, en s’inscrivant notamment dans la constitution, avec d’autres militants de sensibilités différentes, de comités locaux de résistance et de reconquête des acquis de 1936 et 1945.

LISEZ INFORMATIONS OUVRIERES !


Tract adopté à l'unanimité le 4 décembre 2017 par le congrès du Comité du Var du POI

lundi 27 novembre 2017

Inversion des valeurs de civilisation

Editorial de Dominique Canut,
membre du bureau national du POI,
publié dans Informations ouvrières n° 479

Jamais un président de la République n’a été aussi mal élu, il est le produit d’une extraordinaire décomposition des partis politiques institutionnels massivement rejetés.

Pourtant il se permet (encore) de mettre en place son programme de destruction. Au-delà des ordonnances, c’est au tour du bac et les concertations sur la formation professionnelle et l’assurance chômage ont déjà débuté. L’objectif de Macron est de liquider toutes les conquêtes ouvrières historiques arrachées en 1936 et 1945.

Tout a été fait pour faire barrage à la mise en mouvement de la classe ouvrière, notamment de la part des appareils syndicaux. Dans ce sens, la CFDT s’est radicalisée dans l’ « accompagnement et la collaboration de classe », Berger allant jusqu’à déclarer que manifester dans la rue n’est pas la solution. Les hésitations ou parfois les précipitations des dirigeants syndicaux n’ont pas non plus aidé à l’unité d’un mouvement ouvrier capable de faire reculer la politique libérale présidentielle.

En même temps que Macron organise la casse du Code du travail avec l’inversion des normes, les accords locaux d’entreprise primant, il développe l’inversion des valeurs fondatrices de toute civilisation moderne, la solidarité. Les retraités doivent être solidaires des actifs salariés, le travail devant être valorisé, les retraités doivent s’acquitter d’une hausse de la CSG au profit du pouvoir d’achat des actifs pour compenser la baisse des charges salariales et patronales. La hausse du pouvoir d’achat se ferait donc sur le dos des retraités ! Les principes historiques de solidarité intergénérationnelle sont inversés, ceux de la création de la Sécurité sociale issue du programme du Conseil National de la Résistance également. Dans ce sens, le président des riches détourne avec une perversion sans égale le sens des mots, des concepts sociaux et de l’histoire ouvrière. Après avoir évincé Bayrou, il vient d’obtenir le ralliement de Juppé.

Un indicateur passé inaperçu nous montre l’ampleur de la paupérisation de la classe ouvrière : six cent mille automobilistes roulent sans assurance ! L’interprétation ministérielle est : « Quelle négligence ! ». Quel mépris pour ceux qui n’ont plus les moyens de payer une assurance automobile… Sans parler des inégalités territoriales colossales, avec une désertification du milieu rural jamais connue.

Malgré tout, rien n’est encore joué ; les syndiqués, les militants syndicaux ont su dépasser les obstacles dressés devant eux et, le 16 novembre, la CGT, FO, Solidaires, la FSU, l'Unef, l'UNL et la FIDL appellent à la grève et à des manifestations contre les ordonnances Macron. Cette journée qui s’annonce d’ores et déjà comme une réussite n’est pas une fin en soi, mais une étape dans la construction du rapport de force engagé unitairement. La question de l’unité étant déterminante.

Depuis le 14 octobre, de nombreux comités de résistance et de reconquête se sont créés un peu partout dans les départements et les localités, constitués de militants de divers horizons, syndicalistes, militants politiques, parents d’élèves, de la société dite civile et autres. Ils débattent autour d’Informations ouvrières et agissent en aidant à la résistance à la politique de destruction mise en œuvre, pour préserver les conquêtes ouvrières.


De notre côté, le Parti ouvrier indépendant prépare activement son VIe Congrès qui se tiendra les 16 et 17 décembre prochains. Chaque semaine, Informations ouvrières rend compte de ce moment privilégié dans la vie démocratique de notre parti.

samedi 7 octobre 2017

Le Comité du Var prépare le VIe Congrès du POI

Ce congrès va se tenir dans un contexte particulier : à l'élection présidentielle et aux législatives, tous les partis "fondés" pour défendre les travailleurs ont été laminés. Dans le Var, au premier tour, l'abstention a été énorme comme dans tout le pays : 54 % d'abstention. Le PCF obtient 1 % à 2 % des voix selon les circonscriptions. Le PS n'a investi à l'arrivée que 3 candidats sur 8 circonscriptions, qui recueillent 3 % maximum ! Le POI a soutenu les candidats FI, qui font 9 % des voix sur le département, exprimant la résistance des travailleurs à la liquidation de toutes les conquêtes sociales.

Macron et ses députés ont été élus, dans une situation d’extrême fragilité consécutive à l'abstention massive. Mais, comme le rappelle la lettre aux adhérents adoptée par le bureau national, c'est dans ce contexte que « les manœuvres en tous genres se multiplient pour tenter d’interdire à la classe ouvrière de se rassembler avec ses organisations pour infliger une défaite sur les ordonnances à un gouvernement Macron ébranlé par un effondrement sans précédent de sa cote de popularité ».

Assemblée ouverte du POI du Var le 4 octobre

Le bureau national du Parti ouvrier indépendant a lancé la préparation du VIe Congrès national qui aura lieu les 16 et 17 décembre. Dans ce cadre, le Comité du Var a commencé à préparer ce congrès en invitant les adhérents à une assemblée le 4 octobre prochain, préparatoire au congrès départemental. Il est écrit dans le courrier d'invitation : « Dans cette perspective il nous revient de discuter ensemble et largement de quel parti nous avons besoin et notamment de son rôle dans la constitution d’un pôle de résistance et de regroupement. Cette discussion qui s’inscrit concrètement dans la préparation de l’affrontement général avec ce gouvernement trouve naturellement sa place dans la préparation de la conférence nationale le 14 octobre pour la constitution d’un Comité national de résistance et de reconquête pour la défense des conquêtes arrachées en 1936 et 1945. »

Assemblée qui permettra de revenir sur la place et le rôle d'un parti ouvrier indépendant. Le 11 novembre dernier, au lendemain de l'élection de Trump, le Bureau national du POI écrivait dans une lettre à tous les adhérents : « Le Parti ouvrier indépendant, membre de l'Entente internationale des travailleurs et des peuples, a pour but d'aider à la réalisation de l'unité, à la défense de l'indépendance des organisations ouvrières pour combattre le système capitaliste et tous ses représentants qui, bien que tous en crise et même dans une situation qui s'enfonce dans le chaos, n'en continuent pas moins d'attaquer systématiquement et quotidiennement les travailleurs et les peuples. »

Des articles, des interviews de militants varois envoyés à Informations ouvrières

Tout l'été, nous avons donné la parole à des militants de toutes tendances dans Informations ouvrières pour aider à cette réalisation de l'unité. Dans le Var, ont été interviewés des syndicalistes CGT et FO de la fonction publique, de l'enseignement et de la réparation navale militaire, qui, dans la continuité de leurs engagements contre la loi travail en 2016, poursuivent la mobilisation pour la défense de leurs acquis : la défense de leurs horaires de travail à DCNS ou de leur convention collective à l’Opéra de Toulon par exemple.

Tous cherchent les voies et les moyens du « tous ensemble » face au gouvernement, car le point commun des attaques locales et sectorielles auxquelles ils sont confrontés, ce sont les remises en cause des conquêtes fondamentales de 1936 (accords collectifs et représentation syndicale) ou 1945 (statut de la fonction publique).

Ce qui les a conduit à soutenir la constitution du Comité du Var pour la défense des conquêtes de 1936 et 1945, qui s’est tenu le 6 juin à La Seyne-sur-mer, avec des militants du POI et de toutes tendances, issus du PS, du PCF, de France Insoumise, des syndicalistes, des militants associatifs.

Il s’agit donc de poursuivre ce travail de discussion, d’interviews dans Informations ouvrières pour accroître encore le nombre de lecteurs du journal, en vente et en abonnés.

Le 23 septembre, une initiative politique de La France insoumise que le POI soutient

Nous avons participé avec nos drapeaux POI et nos mots d'ordre au rassemblement du 12 juillet à Toulon à l'initiative de La France insoumise, et nous participerons à la manifestation nationale du 23 septembre contre les ordonnances Macron, afin d'appuyer cette initiative politique qui contribue à isoler le gouvernement.

Alors que les médias voudraient nous faire croire qu'il faut en finir avec les partis, il s’agit de réaffirmer que la classe ouvrière a conquis le droit de constituer ses organisations, syndicats ou partis, comme expression organisée parce qu’il y a des intérêts sociaux différents dans la société divisée en classes. La classe ouvrière organisée dans ses syndicats fait valoir ses intérêts propres, opposés à ceux du patronat.

La démocratie politique implique la possibilité de se grouper librement, dans un parti qui, du point de vue du mouvement ouvrier, doit nécessairement intégrer la lutte pour en finir avec la propriété privée des grands moyens de production. C'est le programme du POI, « pour le socialisme, la République et la démocratie ».


dimanche 3 septembre 2017

Une "nationalisation provisoire" qui pourrait cacher...

.... une opération de privatisation dans l'industrie navale de défense

Article paru dans Informations ouvrières n° 464
Dominique Canut

Le ministre Bruno Le Maire a donc annoncé la nationalisation temporaire des chantiers de Saint Nazaire, STX France. Attention, "on n'est pas en 1981", prend-il soin de préciser au Journal du dimanche (30 juillet). Et de s'adresser à l'italien Fincantieri : "Regardons ce que nous pouvons faire dans le secteur militaire, dans les navires de surface précisément, et bâtissons un grand champion de l'industrie navale européenne."

Derrière cette ouverture, Le Maire refait une offre déjà dans les tuyaux depuis plusieurs années : celle de l'entrée de Fincantieri dans le capital de Naval Group (appelé DCNS jusqu'en juin dernier, constructeur français de navires militaires, détenu en majorité par l'Etat français), qui serait alors concomitante à une participation à 50-50 dans STX France. Dans ce meccano, une "nationalisation temporaire" de STX France servirait donc en réalité à une opération de privatisation de Naval Group...

L'accord négocié par le précédent gouvernement prévoyait que le constructeur naval italien Fincantieri, concurrent de STX et également de Naval Group, aurait pris 48 % du capital de STX France, l'Etat français une minorité de blocage de 33 % et Naval Group 12 %. Le solde de 7 % aurait été détenu par Fondazione CR, un "investisseur" italien.

Du coup, le montage donnait aux Italiens la majorité de STX France, au carnet de commandes bien rempli !

Le gouvernement français Macron - Philippe, pour des raisons politiques très conjoncturelles, a ensuite proposé, agitant la menace d'actionner son droit de préemption, un partage à 50-50 du capital.

Pour convaincre les Italiens, Bruno Le Maire a donc promis que, s'ils renonçaient à une position majoritaire dans STX France, la France se montrerait ouverte à des "coopérations militaires", c'est-à-dire à une entrée de Fincantieri dans le capital de Naval Group (dont Thales possède déjà environ un tiers, l'Etat étant aujourd'hui propriétaire du reste).

Les chantiers navals Fincantieri prendraient alors possession de parts non négligeables de l’Etat français dans leur concurrent direct, Naval Group, leader français d'envergure mondiale dans la construction navale de défense.

L’italien sorti (un peu) par la porte rentrerait donc par la fenêtre. Ça s’appelle des contreparties.

Lors de son arrivée à Bercy, à l’automne 2014, Macron avait annoncé la cession de 10 milliards d’euros d’actifs publics. Il avait ensuite notamment privatisé les aéroports de Toulouse, Lyon et Nice pour deux milliards et vendu les 13 % de l'État dans PSA.
Trois ans plus tard, un autre programme de privatisation d'ampleur est à l'ordre du jour, incluant entre autres Aéroports de Paris.
Le 10 mai dernier, BFM Business rappelait en outre que « Hervé Guillou (P-DG de Naval Group) milite depuis un an pour un rapprochement avec l’italien Fincantieri… Selon nos informations, Emmanuel Macron était favorable à cette opération qui pourrait permettre à l’État de descendre au capital, peut-être sous le seuil majoritaire de 50 %. Bercy avait d’ailleurs étudié cette option en fin d’année dernière. Le patron de DCNS remettra le sujet sur la table dans les prochains mois (… )». Nous y sommes.

Incendies, conséquence de la casse des services publics

Article paru dans Informations ouvrières n° 464
Gérard Luiggi, technicien dans l'ex-DDE du Var

Toutes les élites locales ou nationales qu’ont qu’un objectif : pourchasser l’affreux incendiaire, cause de tout ce désastre. Tous les moyens sont déployés pour le débusquer, et l’on s’apprête à brandir le tableau de chasse de quelques imprudents pauvres bougres, comme cet utilisateur de disqueuse jeté devant les tribunaux. Les services d’incendie ont publiés des études faisant état qu’environ « 70 % des incendies ont pour origine l’activité humaine (transports, travaux... ) ».

Or les ministres en déplacement dans le Var ont eu à entendre la réalité de la situation : un service de lutte contre l’incendie totalement en sous effectif, et avec des matériels hors d’âge. Le président national des sapeurs pompiers, venus saluer ses collègues du Var, a déclaré que le « le système est à flux tendu, compte tenu des contraintes budgétaires et de l’évolution sans cesse croissante des interventions ».

Or il faut le dire : la force d’une civilisation c’est précisément sa capacité à se doter d’instruments publics capables de faire vivre un peuple, incluant les « imprudents » et autres comportements individuels susceptibles de mettre en cause la vie commune.

En précisant que c’est le peuple, et en premier lieu ses organisations ouvrières, qui ont imposé au capital (qui exige qu’aucun obstacle ne vienne gêner ses activités visant à exploiter et soutirer le maximum de richesse), un ensemble de normes sociales, avec les services publics et leurs agents en charge de les faire appliquer. C’est pourquoi, ont été mis en place, et particulièrement au sortir de la guerre, dans le cadre de la « reconstruction », les services publics tels que les Directions Départementales de l'Equipement (DDE) et les Directions Départementales de l'Agriculture et de la Forêt (DDAF), en charge de l’entretien et de l’aménagement du territoire afin d’organiser au mieux cette « activité humaine ».

Ainsi, les agents des routes de la DDE avaient notamment pour mission d’organiser le fauchage, l’élagage et le débroussaillement, de part et d’autres des routes, de tels travaux permettant de limiter considérablement les possibilités de départ de feu, par les mégots par exemple.

Les DDE étaient également en charge de l’établissement des Plans de Prévention des Risques Incendie de Forêt (PPRIF) qui délimitent les zones à risques et notamment l’obligation de débroussailler deux cents mètres autour des habitations.

Les DDAF avaient en charge la gestion et l’exploitation des massifs forestiers, incluant la police relative au débroussaillage.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Les DDE et DDAF ont d’abord été « fusionnées » en « DDEA », puis dans les « DDI » (Directions Départementales Interministérielles), cela au fil des gouvernements successifs, les mêmes taillant dans le même temps dans les effectifs par centaines d’emplois supprimés par an. Résultat ? Des PPRIF ont le plus grand mal à être réalisés (sur les trois incendies du Var, seul celui de Bormes-les-Mimosas était couvert par un PPRIF), mais ils sont aussi systématiquement attaqués au tribunal par les gros propriétaires forestiers privés avides de laisser place aux villas, comme celles du Cap Bénat. Et les agents des routes ont été transférés au conseils généraux qui n’ont pas les moyens de poursuivre le travail d’entretien.

Ajoutons à cela le fait que les missions d’urbanisme ont été transférées aux communes, missions qui avaient en charge la gestion des espaces, agricoles, forestiers et urbains, chacun d’eux relevant de normes spécifiques. Le désengagement de l’Etat sur ces missions a largement laissé la place aux pressions foncières conduisant à une imbrication de plus en plus grande entre ces espaces, et multipliant la présence humaine aux abords et même au sein des espaces forestiers.

Et Macron, Philippe, Darmanin, tous les tenants de la casse du Code du travail et de tous les droits et acquis collectifs, veulent poursuivre, amplifier, faire de ces droits une « terre brûlée » !

Les faits sont là : les criminels, les incendiaires, ce sont eux, ceux qui détruisent les services publics d’aménagement du territoire, comme ils détruisent les hôpitaux et ouvrent ainsi la porte à tous les risques sanitaires.


N’ont-ils pas raison ces milliers de militants, de tous horizons politiques et syndicaux, qui se sont engagés dans la construction des comités départementaux – et du Comité national – pour la défense des acquis de 1936 et 1945 ? N’ont-ils pas raison ainsi de permettre que se construisent, par le rassemblement de toute la puissance de la classe ouvrière et de ses organisations, les voies et les moyens de leur reconquête, avant que la barbarie capitaliste ne puisse laisser libre cours à sa furie destructrice ?