membre du Bureau national du POI,
publié dans Informations ouvrières n° 499
Dans
la nuit du 13 au 14 avril, le gouvernement Macron a emboîté les pas
des Etats-Unis pour bombarder la Syrie. Vous lirez dans ce journal le
communiqué du bureau national du POI condamnant cette politique de
guerre.
Ce même gouvernement Macron a décidé d'augmenter le budget
militaire pour atteindre les 2 % du PIB et répondre aux exigences de
l'OTAN, alors qu'au nom de la réduction des déficits publics, il
supprime 120 000 emplois de fonctionnaires et s'attaque au statut de
la SNCF.
Mais
ne vous inquiétez pas... lors de ses deux interviews télévisées,
il s'est évertué à essayer de nous rassurer. D'abord, les
bombardements en Syrie, c'est pour « construire
la paix » !
Et aux esprits chagrins qui contestent la réception à Paris du
prince héritier d'Arabie saoudite, il a annoncé la tenue prochaine
d'une conférence humanitaire commune sur le Yémen... pendant que
l'Arabie saoudite bombarde le Yémen !
Alors
que les cheminots sont engagés avec leurs organisations syndicales
dans une grève massive pour la défense du service public et le
maintien du statut de cheminot et de la SNCF, Macron a aussi tenté de les
rassurer : il « garantit
absolument »
que l'entreprise resterait publique « à
100 % de capitaux d'Etat ».
Chacun se rappelle les précédents de France Telecom, Air France,
EDF, GDF...
Pour
démontrer en quoi cette « garantie » du chef de l'Etat
est une fumisterie, je vais prendre l'exemple de la société dans
laquelle je travaille. En
novembre
2001,
le gouvernement de « gauche plurielle » PS-PC change le
statut de l'ex-Direction des Constructions Navales, qui était une
administration de l'Etat, pour la transformer en société anonyme.
Le futur ministre Le Drian est rapporteur du projet de loi. Il
garantit « le
contrôle intégral du capital de la société par l'Etat, se
distinguant de toute privatisation même partielle ». Donc
une DCN « à 100 % de capitaux d'Etat ».
Mais
en décembre 2004, pour ouvrir le capital de la société, il suffit
au gouvernement de droite Chirac – Raffarin de modifier la loi
ainsi : les
mots «
dont le capital est détenu en totalité par l'Etat » sont
remplacés par les mots
« dont le capital initial est détenu en totalité par l'Etat »...
et
de rajouter «
Une part minoritaire du capital de l'entreprise nationale peut être
détenue par le secteur privé. » Aujourd'hui
l'ex-DCN s'appelle Naval Group. L'Etat ne détient plus que 62,5 % du
capital. La société vend des armements à l'Arabie saoudite. Un
projet de rapprochement avec l'italien Fincantieri est en discussion
pour créer une société européenne. Voilà ce que valent les
garanties des gouvernements successifs pour le maintien « à
100 % de capitaux d'Etat » !
L'issue
sera donc sur le terrain de la lutte de classe, mais il y a des
obstacles. Les motions de soutien à la grève des cheminots se
multiplient dans nombre de syndicats, fédérations...
Ces
questions sont au centre des discussions des militants de toutes
tendances qui échangent dans les Comités de Résistance et
Reconquête. Le rôle d'Informations
ouvrières
est d’être le lieu où se mène ce débat. Et dans notre journal,
nous décortiquons les mensonges du gouvernement sur la grève des
cheminots. Cette semaine commence la campagne des abonnements d'été.
Nous appelons tous les lecteurs à en assurer la réussite pour
démêler le vrai du faux, afin d'aider à réunir pratiquement les
conditions du combat d'ensemble face au gouvernement.
x
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.