samedi 13 octobre 2018

Visite du Premier ministre à Toulon


13 septembre 2018 : Edouard Philippe est venu à Toulon visiter un chantier de « rénovation urbaine ». Puis il a rencontré le maire de Toulon et président de l’agglomération, Hubert Falco, qui l’a interpellé sur la situation « d’insécurité » dans certains quartiers « sensibles », deux jeunes ayant été tués à La Seyne quelques jours avant cette visite (qui s’ajoutent aux six autres assassinats depuis le début de l’année dans l'agglomération).

Cette actualité concentre la réalité de la situation politique dans le pays. D’une part un « nouveau quartier » en centre-ville de Toulon regroupant un « incubateur-pépinière d’entreprises numériques » et des « activités d’enseignement supérieur et d’entreprises ». Bref, un quartier dévolu au privé avec des « écoles » dédiées à des jeunes fortunés, où des millions sont déversés dans le cadre d’un « partenariat public-privé ». Et d’autre part, une « insécurité » (un euphémisme avec un mort par mois), que vivent des milliers de familles, de jeunes et de retraités, celles et ceux qui, comme dirait Macron, perçoivent « un pognon de dingue » en aides sociales diverses.

Questionné par Var matin avant de quitter Toulon, le Premier ministre répond, concernant les assassinats, dont celui d'un jeune de quatorze ans : « j’ai entendu, je repars avec le dossier, le maire de La Seyne va être reçu » ; sur l’abandon que ressent la population : « je ne suis pas venu pour parler de ça » ; sur les élections européennes : « le choix se fera entre ceux qui veulent garantir la paix et sa prospérité, sa puissance, et ceux qui veulent la déconstruire ».

MEPRIS TOTAL
Droit dans ses bottes... Quoique, à la dernière question « Et la baisse des sondages ? », il répond « Si vous saviez… ». Une interview qui démontre d’une part le mépris le plus total vis à vis des populations confrontées au déferlement de la barbarie capitaliste, qui livre la jeunesse aux bandes maffieuses. Et d’autre part un gouvernement qui tente d’échapper au rejet qui le submerge en se disposant pour une campagne européenne dressée pour chercher à maintenir son cadre destructeur.

Pour le POI, le combat que mènent la classe ouvrière et la jeunesse avec leurs organisations pour s’assurer le droit de vivre, s’affirme dans les grèves qui se poursuivent. Elles visent à désigner nettement leurs revendications, leurs droits acquis tels que les statuts et conventions collectives, leurs régimes particuliers de retraite, revendications qui s’opposent frontalement au capitalisme en décomposition. Cela implique de construire une force politique capable de définir qu’est ce qui permet de gagner ou, à l’inverse, de maintenir ces Macron, Philippe, et leurs banquiers, dans la capacité de poursuivre leur destruction.

BERGER A LA RESCOUSSE
Ainsi, quelques jours avant cette visite, le 8 septembre, une autre interview était publiée dans le journal La Provence. Laurent Berger, au nom de la CFDT, à la question « dans quelle société nous voulons vivre ? » répond : « il est possible de créer un modèle social avec des droits attachés à la personne et pas à un statut ». On ne peut être plus clair dans l’accompagnement, et même la prise en charge directe de la destruction des statuts, conquête majeure des grèves de 1936 et 1945.

COMITE D'ORGANISATION POUR LE 10 NOVEMBRE
C’est pourquoi les militants du POI du Var sont engagés dans la préparation du rassemblement du Comité national de Résistance et Reconquête qui va se tenir le 10 novembre prochain à Paris.

Le comité local, qui vient de se réunir à La Seyne, avec une vingtaine de militants POI, LFI, et des syndicalistes, a décidé de se constituer en comité d’organisation pour le 10 novembre. Vingt-deux places de train ont été réservées, neuf premiers inscrits sont enregistrés et 25 % de la campagne financière est réalisée. Un repas fraternel est en préparation pour collecter les fonds nécessaires à cette « montée sur Paris ».

vendredi 14 septembre 2018

Combattre et résister

Editorial de Dominique Canut, paru dans Informations ouvrières


D'après le gouvernement, la majorité des retraités vivraient très confortablement puisqu'ils perçoivent plus de 1 000 euros par mois ! Il faudrait donc récompenser le travail, c'est ainsi que les heures supplémentaires seront exonérées de cotisations sociales. Il faudrait s’en prendre à ceux qui ne font rien, les retraités. Les "oisifs" devront donc payer. Les retraités ont déjà vu la CSG augmentée de 1,7 % et ça va continuer. Les prestations sociales n’augmenteront plus en fonction de l'inflation, qui est à 2,3 % ; les retraites, la famille, l'APL et les emplois aidés sont directement visés. A noter qu’il est très symptomatique qu’Edouard Philippe classe les retraites dans la catégorie « prestations sociales ». En moyenne, les retraités devraient perdre un demi-mois de retraite sur une année. Jamais l’attaque n’aura été aussi frontale !

Cette année, des dizaines de milliers d’étudiants ne pourront effectuer leur entrée en faculté ou, triés par le logiciel « Parcoursup », seront dispersés dans des domaines qu’ils n’ont pas choisis.

Un rapport sur la santé au travail vient d’être livré au gouvernement, proposant de regrouper l’INRS, l’OBBTP et l’ANACT, permettant de réaliser des économies d’échelle au prix de la santé des salariés.

En revanche, la France est le pays en Europe où les entreprises cotées en bourse reversent la plus grande part de leurs bénéfices en dividendes à leurs actionnaires. Depuis 2009, elles leur ont versé plus des deux tiers de leurs profits (près de 51 milliards de dollars). Dans les années 2000, les entreprises ne versaient pas plus de 30 % aux actionnaires, selon Oxfam.

Du coup, les économistes considèrent que c'est le signe d’une économie mondiale qui ne s'est jamais aussi bien portée ! Evidemment, cette analyse est intentionnellement fausse, ce n'est pas parce que le patronat et les actionnaires sont de plus en plus riches que c’est profitable à l'économie d'un pays. La preuve, le taux de croissance à 1,5 % (3 % promis par Macron), un taux de chômage élevé et qui ne baisse pas, une balance des échanges commerciaux très largement déficitaire... L'idéologie du ruissellement est une tromperie, c'est grâce aux cadeaux faits aux patrons que les profits et dividendes augmentent, sans oublier la surexploitation de la force de travail, capitalisme oblige.

Mais les Français ne s'y trompent pas puisque Macron vient de perdre dix points. Un sondage montre que 66 % des Français jugent son bilan négatif, qu'il est trop autoritaire et méprisant, qu'enfin 76 % considèrent que sa politique est orientée vers les plus privilégiés. La démission du patron d'Ushuaïa, les gels douche, rapportant 250 000 euros l'an à Nicolas Hulot, n'est qu'un élément de plus dans la crise au sommet de l'Etat.

Alors, que faire ? Combattre, résister pour la reconquête des acquis de 1936 et 1945, y compris pour relier les revendications à la question du pouvoir ? Le rétablissement de tous les droits arrachés au capital après-guerre passe inévitablement par la réponse à la question des moyens pour y parvenir. Mais, aujourd’hui, la classe ouvrière possède-t-elle une authentique représentation politique dans ce pays ? Ces questions méritent réflexion...

dimanche 29 avril 2018

Réunion du Comité du POI du Var, le 29 mars

Article paru dans Informations ouvrières n° 499

"Constituer des comités locaux de résistance
et de reconquête (CLRR) au plus près des militants"


Cette assemblée se tenait la semaine qui a suivi le Bureau national du POI et la réunion du Comité national de Résistance et Reconquête. Après les comptes rendus de ces deux réunions, la discussion s'est engagée sur la situation politique après la grève du 22 mars marquée par une mobilisation importante à Toulon (8 000 manifestants), comme dans le reste du pays. En tête du cortège se trouvaient les personnels des urgences de l'hôpital, en grève depuis début mars pour obtenir les embauches indispensables pour désengorger leur service et assurer un service public conforme aux exigences de sécurité et de soin.

Les échanges ont abordé plusieurs problèmes : certes, il y a la résistance de plus en plus forte dans différents secteurs (hôpital, taux de grévistes important aux finances publiques, retraités contre la hausse de la CSG, Carrefour...), mais l'annonce de la grève annoncée par l'intersyndicale des cheminots marque la situation par la détermination à refuser la casse de leur statut.

Un adhérent indique que, lors du congrès de son syndicat national, un délégué a proposé, sous les applaudissements, que des assemblées générales se tiennent avec les personnels le 3 avril, jour du début de la grève des cheminots. Mais la tribune du congrès a répondu : "D'accord, on va faire une circulaire."

Un syndicaliste retraité tout juste arrivé dans le Var reprend sa carte au POI, considère que « la base voudrait y aller, mais il n'y a rien qui se passe en haut » !

Mais dans le même temps, répond un autre adhérent syndicaliste dans un service public de l'Etat (DDE), plusieurs ont fait grève le 22 mars en disant : "Si la digue du statut des cheminots saute, c'est tous nos acquis qui vont être emportés !" Un autre a dit : "Je vais faire grève car, quand je vois Macron s'en prendre aux cheminots, ça veut dire qu'il veut tout casser, il faut l'arrêter !"

Pour confronter les points de vue, discuter de ces problèmes et chercher à les régler, l'assemblée a proposé que tous les adhérents du POI s'attachent à contribuer à la constitution de Comités locaux de Résistance et Reconquête dans tous les secteurs où ils interviennent, avec de multiples petites réunions autour d'Informations ouvrières.

Sont ainsi d'ores et déjà prévues des réunions dans les communes de La Garde, de Brignoles et à l'arsenal, à la direction départementale des territoires et de la mer et aux Finances publiques. Le but est que cette discussion politique se mène avec d'autres militants pour aider à la lutte de classe en cours dans ces secteurs.

C'est ainsi que trois interviews viennent d'être réalisées avec des responsables syndicaux CGT engagés dans la bataille, à l'hôpital de Toulon, à l'Atelier Industriel Aéronautique de Cuers-Pierrefeu, à Carrefour Grand Var.

Le secteur de la jeunesse n'a pas été oublié dans le plan de construction du parti : une diffusion a été organisée à l'entrée de la faculté de droit de Toulon avec des diffuseurs du POI et de l'AJR, avec le tract sur la mobilisation dans les facs pour le retrait de Parcoursup et la défense des diplômes nationaux.

Guerre de classe

Editorial de Franck Servel,
membre du Bureau national du POI,
publié dans Informations ouvrières n° 499


Dans la nuit du 13 au 14 avril, le gouvernement Macron a emboîté les pas des Etats-Unis pour bombarder la Syrie. Vous lirez dans ce journal le communiqué du bureau national du POI condamnant cette politique de guerre.

Ce même gouvernement Macron a décidé d'augmenter le budget militaire pour atteindre les 2 % du PIB et répondre aux exigences de l'OTAN, alors qu'au nom de la réduction des déficits publics, il supprime 120 000 emplois de fonctionnaires et s'attaque au statut de la SNCF.

Mais ne vous inquiétez pas... lors de ses deux interviews télévisées, il s'est évertué à essayer de nous rassurer. D'abord, les bombardements en Syrie, c'est pour « construire la paix » ! Et aux esprits chagrins qui contestent la réception à Paris du prince héritier d'Arabie saoudite, il a annoncé la tenue prochaine d'une conférence humanitaire commune sur le Yémen... pendant que l'Arabie saoudite bombarde le Yémen !

Alors que les cheminots sont engagés avec leurs organisations syndicales dans une grève massive pour la défense du service public et le maintien du statut de cheminot et de la SNCF, Macron a aussi tenté de les rassurer : il «  garantit absolument » que l'entreprise resterait publique « à 100 % de capitaux d'Etat ». Chacun se rappelle les précédents de France Telecom, Air France, EDF, GDF...

Pour démontrer en quoi cette « garantie » du chef de l'Etat est une fumisterie, je vais prendre l'exemple de la société dans laquelle je travaille. En novembre 2001, le gouvernement de « gauche plurielle » PS-PC change le statut de l'ex-Direction des Constructions Navales, qui était une administration de l'Etat, pour la transformer en société anonyme. Le futur ministre Le Drian est rapporteur du projet de loi. Il garantit « le contrôle intégral du capital de la société par l'Etat, se distinguant de toute privatisation même partielle ». Donc une DCN « à 100 % de capitaux d'Etat ».

Mais en décembre 2004, pour ouvrir le capital de la société, il suffit au gouvernement de droite Chirac – Raffarin de modifier la loi ainsi : les mots « dont le capital est détenu en totalité par l'Etat » sont remplacés par les mots « dont le capital initial est détenu en totalité par l'Etat »... et de rajouter « Une part minoritaire du capital de l'entreprise nationale peut être détenue par le secteur privé. » Aujourd'hui l'ex-DCN s'appelle Naval Group. L'Etat ne détient plus que 62,5 % du capital. La société vend des armements à l'Arabie saoudite. Un projet de rapprochement avec l'italien Fincantieri est en discussion pour créer une société européenne. Voilà ce que valent les garanties des gouvernements successifs pour le maintien « à 100 % de capitaux d'Etat » !

L'issue sera donc sur le terrain de la lutte de classe, mais il y a des obstacles. Les motions de soutien à la grève des cheminots se multiplient dans nombre de syndicats, fédérations...

Ces questions sont au centre des discussions des militants de toutes tendances qui échangent dans les Comités de Résistance et Reconquête. Le rôle d'Informations ouvrières est d’être le lieu où se mène ce débat. Et dans notre journal, nous décortiquons les mensonges du gouvernement sur la grève des cheminots. Cette semaine commence la campagne des abonnements d'été. Nous appelons tous les lecteurs à en assurer la réussite pour démêler le vrai du faux, afin d'aider à réunir pratiquement les conditions du combat d'ensemble face au gouvernement.


x

mardi 5 décembre 2017

Co-entreprise Naval group / Fincantieri : dans quel but ?

Les 2 Guillou (Hervé et Alain, le PDG et son adjoint) l’ont précisé dans la presse :
- Pour le PDG de l’ex-DCNS, « Notre modèle n’est pas l’Airbus du naval, mais plutôt le Renault-Nissan du naval, avec des participations croisées. Pour les synergies, nous ne nous fixons pas de limites : Renault-Nissan en a fait beaucoup plus que ce qu’ils avaient promis au départ ».
- Pour son adjoint, « L’enjeu est de transformer Naval Group en un groupe international rentable, pour offrir à nos clients des navires, des équipements et des services à un prix concurrentiel sur le marché.

« Un groupe international rentable, à un prix concurrentiel sur le marché ».
Tout est dit.

Et s’il fallait encore mettre les points sur les i, le journal patronal Les Echos écrit le 24 novembre, à propos de la loi de programmation militaire, donc pour les seules activités de défense nationale : « Pour la future LPM, la Cour réclame de mieux négocier avec les industriels quitte à acheter du matériel « sur étagère » par appel d’offres au lieu de développer de longs et coûteux programmes nationaux. Une remise en cause du rôle de la Direction générale de l’armement ».
Aussitôt dit, aussitôt fait : un rapport commandité par la ministre des armées préconise la privatisation des services d’entretiens des avions de l’aéronavale !

Renaul-Nissan, Siemens-Alstom... Des exemples à suivre, paraît-il.

Des exemples à quel titre, l’emploi ?
Pour Renault, les « synergies » ont effectivement été « sans limites » : plus de 35 000 emplois supprimés en 10 ans !
Pour Alstom, le PDG de Siemens vient d’annoncer, d’entrée, 6 500 suppressions de postes !
(auxquels il faudrait ajouter les dizaines de milliers de postes détruits depuis 2003, avec vente des chantiers navals de Saint-Nazaire puis le démantèlement de la branche énergie au profit de l’américain General Electric en 2014).

Les entreprises publiques directement livrées aux appétits
de la spéculation financière

La « co-entreprise » Naval groupe/Fincantieri : non seulement les travailleurs de DCNS coûtent trop cher, mais c’est l’entreprise publique elle-même qu’il faut saborder.
Une preuve de plus dans cette guerre commerciale : toujours dans le journal Les Echos, ce même jour, il est fait état des difficultés d’une autre entreprise de fourniture militaire : « Leonardo, un géant italien doté de produits d’avant-garde, mais le groupe d’aéronautique et de défense souffre du manque de vision de son premier actionnaire, l’Etat italien. L’émergence d’une Europe de la défense risque de marginaliser le deuxième industriel de la péninsule ».

C’est la guerre, au sens propre, avec comme seule raison : 
accroître les bénéfices de l’économie d’armement.
C’est ce qu’ils veulent faire, sauf que...

Macron et son gouvernement persistent et signent dans cette entreprise de brigandage international. Comme le titrait un éditorialiste à propos d’Alstom : « C’est une page de l’industrie française qui se tourne ».

Les entreprises publiques, mais aussi l’école, la sécurité sociale... ce sont tous les acquis des plus grandes luttes ouvrières de ce pays « qui se tournent ».

En tout cas c’est ce qu’ils veulent faire... sauf que... Ce même journal Les Echos du 24 novembre rédige un éditorial qui dit ceci :
« Pourquoi la confiance des milieux économiques ne fait pas davantage tache d'huile chez l'ensemble des Français ? Le moral économique des ménages (mesuré par l'Insee) est déjà moins flamboyant. La confiance générale de nos concitoyens l'est encore moins. Or, si elle n'arrive pas, la reprise butera sur un plafond de verre et ses effets concrets feront pschitt ».
Ce même jour, il publie un article sur Siemens en indiquant qu’en Allemagne un rassemblement a eu lieu la semaine dernière : « Il n’y a aucune raison pour qu’une entreprise qui fait 6,3 milliards d’euros de profits supprime des emplois, a martelé le représentant du SPD, Martin Schulz, vêtu du gilet rouge du syndicat IG Metall, sous les applaudissements de son auditoire. Environ 2.000 personnes étaient là, selon la presse allemande ».

Sauf que, le Comité Central d'Entreprise de Naval group a voté majoritairement une résolution s'opposant à la co-entreprise Naval group / Fincantieri (votée par la CGT et la CGC),

Sauf que le congrès de la Fédération Nationale des Travailleurs de l'Etat CGT vient de voter une motion adressée à la Ministre des Armées exigeant l'abandon du projet de privatisation (changement du statut étatique) du SIAé (aéronautique militaire dont dépend l'AIA de Cuers-Pierrefeu),

Sauf que, à Toulon,
- l’intersyndicale CGT-FO-CFDT-UNSA-CGC-CFTC Défense a appelé à la grève le 10 octobre dans le cadre de l’action de grève nationale fonction publique,
- le lendemain 11 octobre, contre la volonté Parisienne de fermer le « garage » et d’externaliser ses missions, les personnels soutenus par l’intersyndicale (CGT-FO-CFDT-UNSA-CGC-CFTC) ont bloqué l’accès du parc dès 4 h du matin. Aucun transport n’a donc pu s’effectuer
- l’intersyndicale CGT-CFDT-UNSA-CGC de Naval group a exigé l’abandon du projet de direction commune Ollioules / Toulon
- l’intersyndicale CGT-CFDT-UNSA-CGC-Sud-CFTC a gagné le maintien d'une variabilité de ¾ d'heure à l'embauchée, contre le dispositif de l’accord d’entreprise
- dans le cadre de l’appel intersyndical CGT-FO-Solidaires du 16 novembre, la CGT a mis en avant le combat contre la nouvelle classification de la métallurgie qui contourne la référence au diplôme comme critère d’entrée dans la classification, et déjà validée par le nouvel accord d’entreprise de Naval group ! (précision : accord dont s’est félicité la direction en précisant qu’il permettait « de retrouver des marges de performance pour gagner des contrats face à des pays émergents comme la Corée », et qui a été signé par la CFDT et la CFE-CGC).

Aider ce combat de résistance à se renforcer.

Pour gagner, pour renforcer ce combat de résistance et de reconquête, les obstacles sont multiples.
Mais à tous les niveaux, dans les services et ateliers, dans les organisations syndicales, se multiplient la recherche des voies et les moyens de l’unité, d’abord par l’affirmation des revendications exprimant le maintien des acquis, qu’il s’agisse des emplois, des statuts, des salaires, des missions d’intérêt public. Et de la reconquête de la maîtrise totalement publique de DCNS.

C’est l’engagement des militants du POI, en s’inscrivant notamment dans la constitution, avec d’autres militants de sensibilités différentes, de comités locaux de résistance et de reconquête des acquis de 1936 et 1945.

LISEZ INFORMATIONS OUVRIERES !


Tract adopté à l'unanimité le 4 décembre 2017 par le congrès du Comité du Var du POI

lundi 27 novembre 2017

Inversion des valeurs de civilisation

Editorial de Dominique Canut,
membre du bureau national du POI,
publié dans Informations ouvrières n° 479

Jamais un président de la République n’a été aussi mal élu, il est le produit d’une extraordinaire décomposition des partis politiques institutionnels massivement rejetés.

Pourtant il se permet (encore) de mettre en place son programme de destruction. Au-delà des ordonnances, c’est au tour du bac et les concertations sur la formation professionnelle et l’assurance chômage ont déjà débuté. L’objectif de Macron est de liquider toutes les conquêtes ouvrières historiques arrachées en 1936 et 1945.

Tout a été fait pour faire barrage à la mise en mouvement de la classe ouvrière, notamment de la part des appareils syndicaux. Dans ce sens, la CFDT s’est radicalisée dans l’ « accompagnement et la collaboration de classe », Berger allant jusqu’à déclarer que manifester dans la rue n’est pas la solution. Les hésitations ou parfois les précipitations des dirigeants syndicaux n’ont pas non plus aidé à l’unité d’un mouvement ouvrier capable de faire reculer la politique libérale présidentielle.

En même temps que Macron organise la casse du Code du travail avec l’inversion des normes, les accords locaux d’entreprise primant, il développe l’inversion des valeurs fondatrices de toute civilisation moderne, la solidarité. Les retraités doivent être solidaires des actifs salariés, le travail devant être valorisé, les retraités doivent s’acquitter d’une hausse de la CSG au profit du pouvoir d’achat des actifs pour compenser la baisse des charges salariales et patronales. La hausse du pouvoir d’achat se ferait donc sur le dos des retraités ! Les principes historiques de solidarité intergénérationnelle sont inversés, ceux de la création de la Sécurité sociale issue du programme du Conseil National de la Résistance également. Dans ce sens, le président des riches détourne avec une perversion sans égale le sens des mots, des concepts sociaux et de l’histoire ouvrière. Après avoir évincé Bayrou, il vient d’obtenir le ralliement de Juppé.

Un indicateur passé inaperçu nous montre l’ampleur de la paupérisation de la classe ouvrière : six cent mille automobilistes roulent sans assurance ! L’interprétation ministérielle est : « Quelle négligence ! ». Quel mépris pour ceux qui n’ont plus les moyens de payer une assurance automobile… Sans parler des inégalités territoriales colossales, avec une désertification du milieu rural jamais connue.

Malgré tout, rien n’est encore joué ; les syndiqués, les militants syndicaux ont su dépasser les obstacles dressés devant eux et, le 16 novembre, la CGT, FO, Solidaires, la FSU, l'Unef, l'UNL et la FIDL appellent à la grève et à des manifestations contre les ordonnances Macron. Cette journée qui s’annonce d’ores et déjà comme une réussite n’est pas une fin en soi, mais une étape dans la construction du rapport de force engagé unitairement. La question de l’unité étant déterminante.

Depuis le 14 octobre, de nombreux comités de résistance et de reconquête se sont créés un peu partout dans les départements et les localités, constitués de militants de divers horizons, syndicalistes, militants politiques, parents d’élèves, de la société dite civile et autres. Ils débattent autour d’Informations ouvrières et agissent en aidant à la résistance à la politique de destruction mise en œuvre, pour préserver les conquêtes ouvrières.


De notre côté, le Parti ouvrier indépendant prépare activement son VIe Congrès qui se tiendra les 16 et 17 décembre prochains. Chaque semaine, Informations ouvrières rend compte de ce moment privilégié dans la vie démocratique de notre parti.

samedi 7 octobre 2017

Le Comité du Var prépare le VIe Congrès du POI

Ce congrès va se tenir dans un contexte particulier : à l'élection présidentielle et aux législatives, tous les partis "fondés" pour défendre les travailleurs ont été laminés. Dans le Var, au premier tour, l'abstention a été énorme comme dans tout le pays : 54 % d'abstention. Le PCF obtient 1 % à 2 % des voix selon les circonscriptions. Le PS n'a investi à l'arrivée que 3 candidats sur 8 circonscriptions, qui recueillent 3 % maximum ! Le POI a soutenu les candidats FI, qui font 9 % des voix sur le département, exprimant la résistance des travailleurs à la liquidation de toutes les conquêtes sociales.

Macron et ses députés ont été élus, dans une situation d’extrême fragilité consécutive à l'abstention massive. Mais, comme le rappelle la lettre aux adhérents adoptée par le bureau national, c'est dans ce contexte que « les manœuvres en tous genres se multiplient pour tenter d’interdire à la classe ouvrière de se rassembler avec ses organisations pour infliger une défaite sur les ordonnances à un gouvernement Macron ébranlé par un effondrement sans précédent de sa cote de popularité ».

Assemblée ouverte du POI du Var le 4 octobre

Le bureau national du Parti ouvrier indépendant a lancé la préparation du VIe Congrès national qui aura lieu les 16 et 17 décembre. Dans ce cadre, le Comité du Var a commencé à préparer ce congrès en invitant les adhérents à une assemblée le 4 octobre prochain, préparatoire au congrès départemental. Il est écrit dans le courrier d'invitation : « Dans cette perspective il nous revient de discuter ensemble et largement de quel parti nous avons besoin et notamment de son rôle dans la constitution d’un pôle de résistance et de regroupement. Cette discussion qui s’inscrit concrètement dans la préparation de l’affrontement général avec ce gouvernement trouve naturellement sa place dans la préparation de la conférence nationale le 14 octobre pour la constitution d’un Comité national de résistance et de reconquête pour la défense des conquêtes arrachées en 1936 et 1945. »

Assemblée qui permettra de revenir sur la place et le rôle d'un parti ouvrier indépendant. Le 11 novembre dernier, au lendemain de l'élection de Trump, le Bureau national du POI écrivait dans une lettre à tous les adhérents : « Le Parti ouvrier indépendant, membre de l'Entente internationale des travailleurs et des peuples, a pour but d'aider à la réalisation de l'unité, à la défense de l'indépendance des organisations ouvrières pour combattre le système capitaliste et tous ses représentants qui, bien que tous en crise et même dans une situation qui s'enfonce dans le chaos, n'en continuent pas moins d'attaquer systématiquement et quotidiennement les travailleurs et les peuples. »

Des articles, des interviews de militants varois envoyés à Informations ouvrières

Tout l'été, nous avons donné la parole à des militants de toutes tendances dans Informations ouvrières pour aider à cette réalisation de l'unité. Dans le Var, ont été interviewés des syndicalistes CGT et FO de la fonction publique, de l'enseignement et de la réparation navale militaire, qui, dans la continuité de leurs engagements contre la loi travail en 2016, poursuivent la mobilisation pour la défense de leurs acquis : la défense de leurs horaires de travail à DCNS ou de leur convention collective à l’Opéra de Toulon par exemple.

Tous cherchent les voies et les moyens du « tous ensemble » face au gouvernement, car le point commun des attaques locales et sectorielles auxquelles ils sont confrontés, ce sont les remises en cause des conquêtes fondamentales de 1936 (accords collectifs et représentation syndicale) ou 1945 (statut de la fonction publique).

Ce qui les a conduit à soutenir la constitution du Comité du Var pour la défense des conquêtes de 1936 et 1945, qui s’est tenu le 6 juin à La Seyne-sur-mer, avec des militants du POI et de toutes tendances, issus du PS, du PCF, de France Insoumise, des syndicalistes, des militants associatifs.

Il s’agit donc de poursuivre ce travail de discussion, d’interviews dans Informations ouvrières pour accroître encore le nombre de lecteurs du journal, en vente et en abonnés.

Le 23 septembre, une initiative politique de La France insoumise que le POI soutient

Nous avons participé avec nos drapeaux POI et nos mots d'ordre au rassemblement du 12 juillet à Toulon à l'initiative de La France insoumise, et nous participerons à la manifestation nationale du 23 septembre contre les ordonnances Macron, afin d'appuyer cette initiative politique qui contribue à isoler le gouvernement.

Alors que les médias voudraient nous faire croire qu'il faut en finir avec les partis, il s’agit de réaffirmer que la classe ouvrière a conquis le droit de constituer ses organisations, syndicats ou partis, comme expression organisée parce qu’il y a des intérêts sociaux différents dans la société divisée en classes. La classe ouvrière organisée dans ses syndicats fait valoir ses intérêts propres, opposés à ceux du patronat.

La démocratie politique implique la possibilité de se grouper librement, dans un parti qui, du point de vue du mouvement ouvrier, doit nécessairement intégrer la lutte pour en finir avec la propriété privée des grands moyens de production. C'est le programme du POI, « pour le socialisme, la République et la démocratie ».