samedi 13 octobre 2018

Visite du Premier ministre à Toulon


13 septembre 2018 : Edouard Philippe est venu à Toulon visiter un chantier de « rénovation urbaine ». Puis il a rencontré le maire de Toulon et président de l’agglomération, Hubert Falco, qui l’a interpellé sur la situation « d’insécurité » dans certains quartiers « sensibles », deux jeunes ayant été tués à La Seyne quelques jours avant cette visite (qui s’ajoutent aux six autres assassinats depuis le début de l’année dans l'agglomération).

Cette actualité concentre la réalité de la situation politique dans le pays. D’une part un « nouveau quartier » en centre-ville de Toulon regroupant un « incubateur-pépinière d’entreprises numériques » et des « activités d’enseignement supérieur et d’entreprises ». Bref, un quartier dévolu au privé avec des « écoles » dédiées à des jeunes fortunés, où des millions sont déversés dans le cadre d’un « partenariat public-privé ». Et d’autre part, une « insécurité » (un euphémisme avec un mort par mois), que vivent des milliers de familles, de jeunes et de retraités, celles et ceux qui, comme dirait Macron, perçoivent « un pognon de dingue » en aides sociales diverses.

Questionné par Var matin avant de quitter Toulon, le Premier ministre répond, concernant les assassinats, dont celui d'un jeune de quatorze ans : « j’ai entendu, je repars avec le dossier, le maire de La Seyne va être reçu » ; sur l’abandon que ressent la population : « je ne suis pas venu pour parler de ça » ; sur les élections européennes : « le choix se fera entre ceux qui veulent garantir la paix et sa prospérité, sa puissance, et ceux qui veulent la déconstruire ».

MEPRIS TOTAL
Droit dans ses bottes... Quoique, à la dernière question « Et la baisse des sondages ? », il répond « Si vous saviez… ». Une interview qui démontre d’une part le mépris le plus total vis à vis des populations confrontées au déferlement de la barbarie capitaliste, qui livre la jeunesse aux bandes maffieuses. Et d’autre part un gouvernement qui tente d’échapper au rejet qui le submerge en se disposant pour une campagne européenne dressée pour chercher à maintenir son cadre destructeur.

Pour le POI, le combat que mènent la classe ouvrière et la jeunesse avec leurs organisations pour s’assurer le droit de vivre, s’affirme dans les grèves qui se poursuivent. Elles visent à désigner nettement leurs revendications, leurs droits acquis tels que les statuts et conventions collectives, leurs régimes particuliers de retraite, revendications qui s’opposent frontalement au capitalisme en décomposition. Cela implique de construire une force politique capable de définir qu’est ce qui permet de gagner ou, à l’inverse, de maintenir ces Macron, Philippe, et leurs banquiers, dans la capacité de poursuivre leur destruction.

BERGER A LA RESCOUSSE
Ainsi, quelques jours avant cette visite, le 8 septembre, une autre interview était publiée dans le journal La Provence. Laurent Berger, au nom de la CFDT, à la question « dans quelle société nous voulons vivre ? » répond : « il est possible de créer un modèle social avec des droits attachés à la personne et pas à un statut ». On ne peut être plus clair dans l’accompagnement, et même la prise en charge directe de la destruction des statuts, conquête majeure des grèves de 1936 et 1945.

COMITE D'ORGANISATION POUR LE 10 NOVEMBRE
C’est pourquoi les militants du POI du Var sont engagés dans la préparation du rassemblement du Comité national de Résistance et Reconquête qui va se tenir le 10 novembre prochain à Paris.

Le comité local, qui vient de se réunir à La Seyne, avec une vingtaine de militants POI, LFI, et des syndicalistes, a décidé de se constituer en comité d’organisation pour le 10 novembre. Vingt-deux places de train ont été réservées, neuf premiers inscrits sont enregistrés et 25 % de la campagne financière est réalisée. Un repas fraternel est en préparation pour collecter les fonds nécessaires à cette « montée sur Paris ».

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