Franck Servel, membre du Bureau national
La
semaine dernière, les incendies dans le sud-est de la France et la
Corse ont frappé : plus de sept mille hectares de végétation ont brûlé.
Les pompiers ont fait preuve d’un grand professionnalisme et d’un
grand courage, mais n'ont pu empêcher le ravage des flammes.
Les
traditionnelles félicitations ont vite fait place à une polémique
qui a éclaté sur le
manque de moyens pour combattre efficacement les incendies, notamment
sur l'insuffisance d'avions bombardiers d'eau. Le
Parisien (25 juillet) cite le
Syndicat national du personnel navigant
de l'aéronautique civile (SNPNAC) qui adresse un courrier au
Directeur général de la Sécurité civile et tire la sonnette
d'alarme : « Notre pays a
subi de terribles incendies sur lesquels nous n'avons pas été
capables de mettre en oeuvre la stratégie de lutte contre les feux
de forêts dont vous êtes le garant (...). Cette incapacité est
liée directement au manque d'avions bombardiers d'eau».
Quelle
est la situation ? La Sécurité civile possède aujourd'hui
théoriquement 23 avions pour lutter contre les incendies : 12
Canadair, 9 Tracker et 2 Dash. Mais le responsable du SNPNAC a
dénoncé le manque d'appareils disponibles, des avions étant cloués
au sol « soit par manque de
pièces détachées, soit parce que la maintenance n'a pas été
effectuée en temps et en heure ».
Le ministre de l'Intérieur a tenté de calmer la polémique en
annonçant la commande de six avions de type Dash-8, peine perdue ! Le
site du journal Les Echos explique
« En fait, l'annonce de
Gérard Collomb n'en est pas vraiment une : les Dash-8 sont surtout
destinés à remplacer les Tracker français, des appareils
américains complètement au bout du rouleau (59 ans d'âge
moyen !), qui servent avant tout à attaquer les feux naissants avec
du retardant ».
Le
préfet Jacques Witkowski a été obligé d'admettre que
« c'est une flotte suremployée.
Comme pour un véhicule qu'on utiliserait trop, forcément il y a des
pannes ».
Les six cents délégués des comités de liaison et d'échanges rassemblés à
Paris le 25 mars dernier affirmaient dans leur appel « La
défense du caractère public de la SNCF, d'EDF, de La Poste, de
l'Afpa et la formation professionnelle... c'est la défense du
« choix » fait sous la pression de la classe ouvrière en
1936 et en 1945, pour soustraire au capital la construction
d'entreprises nationalisées chargées de la satisfaction de besoins
sociaux aussi fondamentaux que l'acheminement de l'électricité, du
courrier et l'organisation d'un véritable système de transports
publics. » La Sécurité
civile, la protection de la population, et donc les moyens financiers
pour le service public, c'est un choix de société face à
l'austérité budgétaire de Macron et aux coupes contre l'ensemble
de la fonction publique opérées par le ministre Darmanin.
Le
19 juillet, les fédérations CGT, FO et Solidaires de la fonction
publique ont rappelé, dans un communiqué commun, leurs revendications
et donnent rendez-vous à la rentrée « dans
l'unité la plus large, pour mettre tout en œuvre pour faire échouer
ces attaques sans précédent contre les fonctionnaires et la
fonction publique. » Que ce
soit pour la défense du Code du travail, contre les ordonnances
Macron, ou pour préserver et renforcer les services publics, c'est
bien cela qui est à l'ordre du jour.
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