dimanche 3 septembre 2017

Incendies : une catastrophe qui aurait pu être évitée

Editorial d'Informations ouvrières n° 464
Franck Servel, membre du Bureau national

La semaine dernière, les incendies dans le sud-est de la France et la Corse ont frappé : plus de sept mille hectares de végétation ont brûlé. Les pompiers ont fait preuve d’un grand professionnalisme et d’un grand courage, mais n'ont pu empêcher le ravage des flammes.

Les traditionnelles félicitations ont vite fait place à une polémique qui a éclaté sur le manque de moyens pour combattre efficacement les incendies, notamment sur l'insuffisance d'avions bombardiers d'eau. Le Parisien (25 juillet) cite le Syndicat national du personnel navigant de l'aéronautique civile (SNPNAC) qui adresse un courrier au Directeur général de la Sécurité civile et tire la sonnette d'alarme : « Notre pays a subi de terribles incendies sur lesquels nous n'avons pas été capables de mettre en oeuvre la stratégie de lutte contre les feux de forêts dont vous êtes le garant (...). Cette incapacité est liée directement au manque d'avions bombardiers d'eau».

Quelle est la situation ? La Sécurité civile possède aujourd'hui théoriquement 23 avions pour lutter contre les incendies : 12 Canadair, 9 Tracker et 2 Dash. Mais le responsable du SNPNAC a dénoncé le manque d'appareils disponibles, des avions étant cloués au sol « soit par manque de pièces détachées, soit parce que la maintenance n'a pas été effectuée en temps et en heure ». Le ministre de l'Intérieur a tenté de calmer la polémique en annonçant la commande de six avions de type Dash-8, peine perdue ! Le site du journal Les Echos explique « En fait, l'annonce de Gérard Collomb n'en est pas vraiment une : les Dash-8 sont surtout destinés à remplacer les Tracker français, des appareils américains complètement au bout du rouleau (59 ans d'âge moyen !), qui servent avant tout à attaquer les feux naissants avec du retardant ».

Le préfet Jacques Witkowski a été obligé d'admettre que « c'est une flotte suremployée. Comme pour un véhicule qu'on utiliserait trop, forcément il y a des pannes ».

Les six cents délégués des comités de liaison et d'échanges rassemblés à Paris le 25 mars dernier affirmaient dans leur appel « La défense du caractère public de la SNCF, d'EDF, de La Poste, de l'Afpa et la formation professionnelle... c'est la défense du « choix » fait sous la pression de la classe ouvrière en 1936 et en 1945, pour soustraire au capital la construction d'entreprises nationalisées chargées de la satisfaction de besoins sociaux aussi fondamentaux que l'acheminement de l'électricité, du courrier et l'organisation d'un véritable système de transports publics. » La Sécurité civile, la protection de la population, et donc les moyens financiers pour le service public, c'est un choix de société face à l'austérité budgétaire de Macron et aux coupes contre l'ensemble de la fonction publique opérées par le ministre Darmanin.

Le 19 juillet, les fédérations CGT, FO et Solidaires de la fonction publique ont rappelé, dans un communiqué commun, leurs revendications et donnent rendez-vous à la rentrée « dans l'unité la plus large, pour mettre tout en œuvre pour faire échouer ces attaques sans précédent contre les fonctionnaires et la fonction publique. » Que ce soit pour la défense du Code du travail, contre les ordonnances Macron, ou pour préserver et renforcer les services publics, c'est bien cela qui est à l'ordre du jour.


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