samedi 1 avril 2017

Rade de Toulon

Dockers, ouvriers de DCNS, agents de la DDTM :
tous « sur le pont » avec leurs organisations syndicales,
pour refuser la destruction
des emplois, des statuts, des missions

Industrie, réparation navale, services de l’État, sont historiquement situés sur le littoral de cette rade, « ce qui empêche le déploiement du tourisme de croisière » (dixit les responsables de l'agglomération de Toulon).

A La Seyne, après la disparition des chantiers navals, reste sur le port de Brégaillon le trafic Ro-ro d’un transporteur turc (camions en direction de toute l’Europe).
A Toulon, sont situés côte à côte : DCNS et l’Arsenal, et la DDTM.
Ces trois activités sont confrontées à des décisions qui signifient leur complète liquidation. En effet,

→ Les responsables du trafic maritime turc viennent d’annoncer que, faute de renforcement des infrastructures portuaires par la chambre de commerce, et notamment la réinstallation de la ligne ferroviaire reliant le port et la gare SNCF de La Seyne, ils seraient contraints « d’aller voir ailleurs », très certainement du côté de Marseille.
C’est dans ces mêmes conditions que la société Bouygues a annoncé en ce début d’année l’abandon de la production de matériaux pour le chantier pharaonique de l’extension de Monaco, considérant que la commune de La Seyne exigeait trop de garanties face aux contraintes (bruit) générées par ce projet (circulation de centaines de camions).
Retrait qui a occasionné l’abandon de plusieurs dizaines d’emplois projetés sur la carrière devant produire ces matériaux et sur le port de Brégaillon.

→ Le PDG de DCNS a décidé, face à la résistance des personnels et de leurs organisations syndicales, essentiellement la CGT, de renégocier la totalité des relations de travail, conduisant à encore plus de productivité (poursuite de la chute des effectifs, remise en cause de l'accord d'entreprise), ainsi qu’une réorientation de la production vers l’international et autres activités impliquant l’abandon progressif du « métier » historique du site de Toulon : la réparation navale militaire, vouée à « l’externalisation » massive.

→ la DDTM est l’un des services de l’État confronté à l’effondrement des effectifs et à la disparition de ses missions elles aussi « historiques » (assurées par les ex-DDE et DDAF), suite aux transferts successifs aux collectivités locales, aux Préfets, et au privé. 200 agents y sont encore présents, dans des bâtiments situés sur le port et revendiqués par l’agglomération toulonnaise et son président Hubert Falco qui veut faire de la rade de Toulon le « premier port méditerranéen de la croisière ».

Le point commun de toutes ces attaques, c’est la liquidation des « productions », qu’elles soient industrielles ou publiques, et les emplois qualifiés qui y sont liés, face aux exigences des banques et de ce ceux qui en détiennent les principaux avoirs, impliqués dans les marchés du tourisme (dont les « tour-opérateurs ») et de l’armement.
Les personnels dockers de la CGMV, les ouvriers à statut ou sous convention collective de DCNS, et les fonctionnaires de la DDTM ne l’acceptent pas, et ont multiplié les actions avec leurs organisations syndicales, principalement la CGT et FO.

• Une manifestation de 60 dockers avec leur syndicat CGT a décidé de s’adresser au maire de La Seyne, membre du PS, qui a accepté de les recevoir vendredi 17 mars, en présence de son adjoint, membre du PCF. Ces derniers leur ont affirmé « leur total soutien à la mobilisation et aux revendications », en précisant leur intention de déposer une motion lors de la prochaine assemblée de l’agglomération.
Fort bien, ont répondu les dockers, mais l’un d’eux, militant CGT, a déclaré « vous savez très bien que vous êtes minoritaire dans cette assemblée, alors pourquoi ne pas sortir de cette instance et nous rejoindre ? Votre place n’est-elle pas avec nous, devant la manifestation, en mobilisant tous vos militants, toute la population, et donc si nécessaire en bloquant avec nous la ville pour exiger le maintien de tous les emplois et la réfection du réseau ferré ? »

• Dans le même temps, les ouvriers de DCNS, avec leur syndicat CGT, poursuivent les actions, dont une pétition signée à ce jour par plus de 600 salariés, pour dire « RETRAIT du projet de réorganisation du temps de travail », ce qui a entraîné des pétitions équivalentes dans les autres sites de DCNS, avec plus de 4 000 signataires.

• Dans le même temps, les agents de la DDTM du Var, avec leurs organisations syndicales FO et CGT, considérant l’identité des attaques avec celles auxquelles sont confrontés les collègues hospitaliers, décidaient d’appeler à la grève et à la manifestation le 7 mars dernier en même temps qu’eux pour exiger le retrait du PPCR et le maintien de toutes les missions publiques, donc des effectifs.

Grèves, manifestations, qui, comme le disait le responsable CGT de DCNS lors d’un rassemblement le 21 mars, posent la question « de l’unité de tous ces combats, pour arrêter tous ces plans destructeurs, pour réaffirmer nos missions, nos savoir-faire, nos acquis statutaires ».

Dans cette situation, les discussions ne cessent d’avoir lieu, dans les réunions du POI, dans celle du comité local d’échanges (CLE), où l’un des présents, responsable du syndicat CGT de l’AIA de Cuers, renouvelait l’exigence que les fédérations appellent à une manifestation nationale de tous les salariés de la Défense.

Discussions qui ont conduit à la désignation de plusieurs camarades du Var à la conférence nationale des délégués des CLE, le 25 mars à Paris, dont trois camarades de DCNS et de la DDTM (un docker de La Seyne étant empêché pour raison familiale).


samedi 18 février 2017

Bureau national du 11 février 2017

Extrait du rapport de Dominique Canut paru dans Informations ouvrières

La ministre Touraine étrangle les hôpitaux (57 000 lits supprimés depuis 2003), puis ose demander aux personnels hospitaliers et aux médecins de se mobiliser contre la grippe !

Le 7 mars, les fédérations CGT, FO et SUD de la santé et de l’action sociale (rejointes par de nombreuses autres fédérations CGT et FO) appellent les personnels à la grève, et à une manifestation à Paris.

A quelques mois de la présidentielle, le sentiment dominant dans la classe ouvrière, c’est qu’il n’y a rien à attendre de ces élections.

Les partis de gouvernement qui ont mis en œuvre tous les plans de destruction exigés par le capital sont massivement rejetés. Mais pour qui voter alors ? Pour Macron ? Il est le candidat des Rothschild... la solution de rechange pour le capital, face à l’effondrement de Fillon. L’affaire Fillon, vous savez tous de quoi il retourne. C’est tout le régime qui est en crise. La presse patronale s’inquiète : de quels moyens disposera le vainqueur de la présidentielle pour mettre en oeuvre sa politique ?

Le jeu de l’alternance politique s’est brisé sur la loi El Khomri. La "gauche" politique n’a pas été capable d’interdire à la classe ouvrière de se rassembler derrière ses organisations de classe.

L’éditorialiste des Échos écrivait ceci : « Pour des centaines de millions de personnes, la seule question qui vaille est celle-ci : que deviendra mon emploi, demain (...) ? C'est le fonctionnement même du système capitaliste qui subit une crise de légitimité. »

Hamon aurait la solution avec le revenu universel !... Au final, pourquoi le patronat répondrait-il aux revendications salariales dès lors que les travailleurs disposeraient d’une ressource supplémentaire alimentée par les contribuables ?

A gauche, les voix se font de plus en plus pressantes, la solution viendrait du retour à l’union de la gauche, en plaçant Hamon comme l’unique candidat de la gauche. Jadot se dit prêt à une candidature commune, Mamère pousse à cela, ainsi que le journal L’Humanité.


samedi 19 novembre 2016

Un tour d'horizon de l'activité du POI dans le Var

Article paru dans Informations ouvrières n° 427

Le POI du Var s’organise essentiellement autour des comités locaux de La Seyne-sur-mer et de Toulon, c’est-à-dire sur l’agglomération de Toulon qui compte près de 450 000 personnes, à laquelle le gouvernement à octroyé le statut de « métropole » au sens de la loi NOTRe.

Ces comités sont amenés à organiser des réunions POI dans les secteurs professionnels, en lien avec les combats engagés dans ces secteurs par les adhérents, au titre de leurs engagements dans la lutte de classe directe. C’est dans ces réunions qu’est précisée notre intervention dans la foulée du bureau national, l’élaboration de l’intervention de chacun des militants POI dans l’aide à la lutte de classe et, pour cela, dans la constitution des comités de liaison et d'échanges par la vente et la lecture d’Informations ouvrières.

Quelques interventions en cours

L’annonce de la mise en place du statut de métropole a conduit les comités locaux à regarder dans le détail quels sont les adhérents POI qui vont être en situation d’aider les personnels concernés par ce dispositif qui met au centre une série de transferts et de mutualisations de missions publiques.

Ce qui a conduit à dégager que certes, en premier lieu, il y a les personnels des collectivités locales sur qui la pression a déjà commencé à s’opérer en cherchant par exemple à définir « qui va manger l’autre », donc à diviser les personnels entre eux. Mais les services de l’État et les hospitaliers sont également concernés, les ministères respectifs étant en train de mettre en place des réorganisations calquées sur les périmètres de la loi NOTRe.

Le bureau départemental du POI a appelé les comités locaux a engager un plan de vente d’Informations ouvrières à partir de tous les articles qui abordent ces questions de réorganisation des services et leurs conséquences sur les personnels, avec des interviews de militants en cours de finalisation : un hospitalier de Toulon, un agent territorial de La Seyne, un syndicaliste de l’État, qui sont tous les trois déjà organisés dans un comité de liaison et d'échanges. La place économique - et historique - de l’arsenal de Toulon fait l’objet de discussions et d’une intervention ininterrompue du POI. Aujourd’hui, avec la situation du site Alstom de Belfort et la vente du chantier naval STX de St-Nazaire, cela conduit les militants POI de DCNS (entreprise de réparation navale militaire à capitaux majoritairement publics) à de nombreuses discussions tant sur le plan syndical que politique.

Un plan de diffusion du journal

Il a été discuté là aussi d’un plan de vente particulier du journal avec les nombreux articles consacrés à cette question du devenir des sites industriels dont l’État détient une part actionnariale déterminante. La discussion, largement engagée dans le POI, est pleinement prise en charge par le comité de liaison et d'échanges qui a été constitué avec des syndicalistes de l’entreprise, mais également des salariés d'entreprises sous-traitantes. Un des participants à ce comité, un ancien adhérent qui s'était éloigné du POI, vient de reprendre sa carte après avoir discuté à partir de la lettre aux adhérents adoptée par le bureau national du POI, et après les échanges avec d'autres militants dans le comité.

Une discussion qui a (re)fait surgir le mot d’ordre de « renationalisation ». Mais les processus de privatisation sont à ce jour très engagés avec d’une part des ouvriers à statut d’État réduits à 20 % de l’effectif, et un plan « à l’international » du PDG qui vise à multiplier les ventes d’armes de plus en plus sophistiquées en lien avec la situation de guerre généralisée sur le plan planétaire.

Dans ces conditions, le mot d’ordre de « renationalisation » ne doit-il pas être accompagné de celui de l'exigence du maintien de tous les emplois ? La défense pied à pied des emplois, des missions publiques et des statuts et conventions collectives doit être au centre de la discussion et de l'élaboration.

On en discute, et on prépare des interviews pour Informations ouvrières avec des militants ouvriers s'engageant réellement dans ce combat.

dimanche 16 octobre 2016

Un budget de guerre pour la guerre

Editorial d'Informations ouvrières n° 422
Franck Servel, membre du bureau national du POI

Valls l'a répété plusieurs fois après les attentats terroristes : « Nous sommes en guerre. » Au nom de la lutte contre le terrorisme, ce sont du coup plus de 30 000 militaires français qui sont quotidiennement en opération, « un rythme inégalé depuis la guerre d'Algérie », selon le journal Les Echos du 29 septembre.

L'état de guerre décrété par le gouvernement justifie tout : l'état d'urgence, l'interdiction des manifestations syndicales, la répression contre les militants syndicalistes ... et l'envoi de troupes à l'étranger, les bombardements en Syrie et en Irak. Le dernier projet de loi de finances du quinquennat a été présenté la semaine dernière, cadré par les 3 % de déficits publics pour répondre aux exigences de Bruxelles. Le budget voit pourtant une nouvelle hausse du budget de la défense. Guerre extérieure, mais aussi guerre intérieure contre les travailleurs et l'ensemble de la population, même si nous devrions nous réjouir : le plan de 50 milliards d'économies est revu à la baisse... le gouvernement ne fera finalement que 40 milliards d'économies !

En revanche, les cadeaux au patronat se poursuivent : l'impôt sur les sociétés doit passer de 33,5 % en 2015 à 29,4 % en 2017.

Hollande aurait souhaité que cette guerre justifie l'union sacrée derrière le gouvernement, mais il a échoué dans cette tentative. Dans une interview parue dans Le Monde, le chef de l'état le déplorait : « En France, le président, même avec une majorité absolue à l'Assemblée nationale, est minoritaire dans le pays (…) Sur qui peut-il s'appuyer ? Sur des forces sociales, économiques, culturelles, intellectuelles et pas seulement politiques. C'est ce qui a manqué. » L'union sacrée n'a pas eu lieu, la CGT et FO, avec la FSU, Solidaires et les organisations de jeunes, ont combattu pour le retrait puis l'abrogation de la loi travail. Ces mêmes confédérations rejettent la politique d'austérité concentrée dans le pacte de responsabilité, que le budget 2017 met en œuvre.

Informations ouvrières, chaque semaine, ouvre ses colonnes aux militants ouvriers, laïques et républicains, aux jeunes qui cherchent les voies de l'unité sur les revendications pour en finir avec la politique de ce gouvernement. S'appuyant sur l'unité CGT et FO construite sur le mot d'ordre de retrait, puis d'abrogation de la loi travail, le combat se poursuit dans les secteurs professionnels comme Alstom, EDF, la Sécurité sociale, la Poste, la SNCF, les hôpitaux, l'éducation nationale... pour refuser la mise en œuvre des plans de destruction des acquis des grandes lutte sociales de 1936 et 1945. A travers la discussion engagée dans les comités de liaison et d'échanges, c'est une force politique que nous construisons.

C'est sur le terrain de classe que pourra se dégager une issue, comme nous avons commencé à le faire durant ces mois de combat contre la loi El Khomri. C'est ce qu'expriment également les salariés d'Alstom, qui exigent avec leur intersyndicale le maintien de tous les sites Alstom-Transport en France et le maintien de tous les emplois sur chaque site, notamment sur Belfort.

Comment aider à déjouer les obstacles politiques et permettre la mobilisation de millions et de millions qui fera reculer le gouvernement ? Débattons dans Informations ouvrières. Le conseil fédéral national du POI a proposé d'organiser en commun une conférence nationale de délégués issus de ces comités de liaison et d'échanges au printemps prochain.

lundi 19 septembre 2016

Assemblée de rentrée du Comité du Var, le 31 août

Cette première réunion s'est tenue afin de préparer la rentrée et le conseil fédéral national du POI des 10 et 11 septembre.

Dominique Canut, membre du bureau national, a introduit la discussion en rappelant la situation politique : le gouvernement est en pleine déliquescence (Macron avait démissionné du gouvernement la veille), mais il continue à frapper. Il a décidé de prolonger l'état d'urgence, menaçant encore d'interdire les manifestations : « C'est une République monarchique, totalitaire ! ». Il note que le 14 juillet à Nice, il y avait quelques dizaines de policiers, alors que le 14 juin à Paris, ce sont des milliers de policiers casqués qui encadraient la manifestation ouvrière contre le gouvernement et sa loi travail. Cela n'empêche pas les confédérations CGT, FO, FSU et Solidaires d'appeler de nouveau avec les organisations de jeunesse aux manifestations interprofessionnelles le 15 septembre pour l'abrogation de la loi travail. Dans l'enseignement secondaire, les mêmes organisations appellent à la grève le 8 septembre pour l'abrogation de la réforme du collège. De nombreux militants syndicalistes engagés dans ce combat sont aujourd'hui disponibles pour échanger. Cela a permis de réaliser dans le Var trente abonnements supplémentaires à Informations ouvrières par rapport à l'été 2015, et c'est avec ces mêmes militants que nous avons organisé deux réunions de comités de liaison et d'échange avant l'été, à l'arsenal et à La Seyne. Il y a des questions à discuter : par exemple, revendiquer un « Code du travail du 21e siècle », n'est-ce pas équivalent au mot d'ordre « pour une autre réforme des retraites » en 2010, qui avait mené les salariés à l'échec avec la CFDT ? Mais nous sommes dans un autre contexte aujourd'hui, et c'est l'unité CGT et FO pour le retrait de la loi travail qui est l'élément central de la situation.

Dans la discussion, les militants ont fait état de l'importance des cahiers d'Informations ouvrières cet été sur les grèves de 1936, d'un « armement pour mieux connaître le passé pour mieux combattre aujourd'hui ». Des syndicalistes font le parallèle entre l’assassinat du jeune militant de l'Entente internationale des travailleurs en Haïti, l'arrestation des deux dockers CGT du Havre le matin même, et le licenciement du délégué CGT d'Air France : « dans tous les cas, ils essayent de terroriser pour empêcher la riposte ». Mais les dockers n'acceptent pas, ils se sont mis en grève et la CGT a publié un communiqué de protestation renforçant l'appel aux manifestations du 15 septembre pour l'abrogation de la loi travail.

Un enseignant est arrivé en retard parce qu'il sortait de l'assemblée générale de son lycée à Toulon, avec 88 enseignants, le jour de la pré-rentrée, qui ont décidé la grève dès la rentrée, le 2 septembre, avec les syndicats SNES et SNEP FSU, FO et Sud : « Ils ont supprimé deux classes de seconde, il y a 36 à 37 élèves par classe ! Les enseignants n'acceptent pas, une demande d'audience est faite au DASEN. L'appel adopté fait le lien avec la réforme du collège et la loi travail. Dans la discussion de l’assemblée générale, un enseignant a expliqué : ils nous parlent de sécurité, mais ils ne sécurisent pas l’avenir des jeunes ! »

Un militant précise que selon lui, l’axe de résistance FO - CGT pour le refus de la loi travail se trouve conforté, même après les vacances scolaires par la tenue du meeting de Nantes avec les secrétaires des confédérations, et ajoute que beaucoup de militants, à tous les niveaux de responsabilités syndicales, se posent des questions sur la possibilité de gagner.

Un syndicaliste du privé, qui vient d’adhérer au POI, souligne que ce sentiment de pression par la terreur pèse sur les consciences, notamment dans les petites entreprises du privé, et qu’il faut donc des réunions comme celle-là pour conforter les camarades.

Un militant estime nécessaire de développer le contenu de l’axe FO - CGT : il s’est construit sur le refus de la destruction des conquêtes de 1936 et 1945. Refuser la loi travail, c’est aborder les conditions de la réalisation de ces conquêtes, c’est refuser toutes les formes de pression visant à faire accepter de cogérer, comme la CFDT, les contre-réformes. Les comités de liaison et d'échange ont pour objectif d’aborder la question de la plateforme, c'est-à-dire discuter de l’issue, de ce qu'il faut pour que la classe ouvrière affirme ses exigences, et donc d’une certaine manière la question du pouvoir, pour mettre en œuvre les conditions matérielles de son existence. Sinon, on se retrouve dans la position de ce syndicaliste hospitalier de Toulon qui, suite à une tentative de suicide d'un personnel, dit à la presse : « Il n'y a plus assez de personnels, donc il faut supprimer les lits pour baisser la charge de travail » !

L'assemblée a décidé
  • de revoir tous les abonnés à Informations ouvrières pour avoir cet échange, renouveler les abonnements au journal et préparer avec eux l'organisation d'une nouvelle réunion de comité de liaison et d'échange,
  • de mandater un nouvel adhérent comme délégué du Var au Conseil fédéral national. Sous-traitant à l'arsenal de Toulon, syndicaliste, il explique pourquoi il a décidé d'adhérer au POI cet été :
J'adhère parce que je partage ce pourquoi combat le POI : la défense de la classe ouvrière. En travaillant dans une société privée, on a des salaires misérables : 1 450 euros avec 25 ans d'ancienneté. Ca suffit ! Le PS, Melenchon, ils ont arrêté de défendre les plus fragiles, ils font des compromis avec les capitalistes. Je pense que le POI est le seul parti qui fait barrage aux capitalistes.

Il y a un énorme travail à faire auprès des salariés du privé, qui sont dégoûtés de la politique, parce qu'ils ont été trahis de multiples fois. C'est à partir de mon activité syndicale que je vais pouvoir, petit à petit, organiser les collègues. J'ai commencé à diffuser Informations ouvrières et à en discuter avec un salarié de ma boîte, ancien militant du PCF. Il me dit : « Enfin de vraies nouvelles ! »

"On ne lâche rien !"

Editorial de Dominique Canut,
membre du bureau national du POI,
paru dans Informations ouvrières n° 418

Malgré l’état d’urgence prolongé de six mois et la chasse aux militants syndicaux, le 15 septembre s’annonce comme une nouvelle grande journée de grèves et de manifestations dans tout le pays, pour l’abrogation de la loi travail. Notons au passage que l’état d’urgence n’a pas empêché l’horrible attentat de Nice, ce qui m’oblige à penser qu’il avait essentiellement pour objectif de bâillonner, mais sans y parvenir, les rassemblements et manifestations pour le retrait du projet de la loi « Berger », heu… El Khomri. De fait, l’état d’urgence a pour but de museler les opposants à la politique monarchique de Hollande, car il a bien compris que c’est dans la rue que tout se joue.

« On ne lâche rien », ce slogan clamé dans les manifestations au printemps trouve donc, aujourd’hui, son prolongement dans l’unité syndicale CGT-FO-Solidaires-FSU-UNEF-FIDL-UNL pour l’abrogation de cette loi scélérate.

Les Français souhaitent que les manifestations contre la loi Travail se poursuivent, les sondages de l'été l'ont mis en exergue. Ce qui montre le bien fondé des luttes, des actions, des grèves, des manifestations depuis début mars et démontre également que les organisations syndicales réformistes d’accompagnement apparaissent au grand jour comme des soutiens du patronat, de Bruxelles et de ce gouvernement en plein délitement qui a perdu toute légitimité, les ministres le quittant les uns après les autres. Ce qui, d’ailleurs, n’est pas sans poser de problèmes au sein d'organisations comme la CFDT, notamment avec ses militants ! Le bébé risque bien d’être jeté avec l’eau du bain… Berger trouve d’ailleurs inadmissible la déloyauté de ces ministres qui désertent.

Personne ne se plaindra du tournant opéré par la CGT lors de son dernier congrès à Marseille, marquant ainsi un changement dans son orientation en renonçant au syndicalisme rassemblé, instrument initié pour un rapprochement avec la CFDT.

Aujourd’hui, les conditions de ce rassemblement sont bien plus favorables du point de vue de la construction d’un front unique avec l’unité syndicale CGT-FO-Solidaires-FSU-UNEF-FIDL-UNL qui tient bon et qui est capable de faire reculer le pouvoir, pour gagner l’abrogation de la loi travail.

Cette rentrée scolaire est marquée par un appel unitaire à la grève, le 8 septembre, des organisations syndicales SNES FSU, FO, CGT et SUD pour l'abrogation de la réforme du collège. Les raisons de la mobilisation des enseignants sont nombreuses… Juste deux exemples : en cette rentrée scolaire les nouveaux programmes des collèges doivent être couplés avec de nouveaux manuels, pourtant leur acquisition se fera sur deux années ! Au lycée Dumont d'Urville, de Toulon, les enseignants, réunis en assemblée générale avec les sections syndicales SNES et SNEP FSU, SUD Education, FO, SNALC, ont voté la grève, à partir du 2 septembre, pour exiger le rétablissement de deux classes de seconde supprimées et refusent des classes à 36, voire 37 élèves. Avec les parents d'élèves, plus de cent enseignants ont manifesté devant l'inspection académique du Var. N'ayant pas obtenu satisfaction ils ont décidé de reconduire la grève le 5 septembre et de manifester au rectorat de Nice.

La question posée à la classe ouvrière est quelle plate-forme lui faut-il pour faire front à la casse des acquis de 36 et 45. En ce sens les réunions des comités de liaison et d’échange qui s’organisent un peu partout dans le pays apportent un moyen d’y répondre. 

jeudi 7 juillet 2016

Echanges entre militants à l'arsenal

Article paru dans Informations ouvrières

Le 16 juin, des militants syndicalistes de l'arsenal se sont réunis, au surlendemain de la grève et de la manifestation nationale du 14 juin pour le retrait de la loi travail. Salariés de DCNS, de la sous-traitance (Cegelec), du secteur étatique de la base de défense (SSF), tous étaient dans les manifestations du 14 juin, à Paris ou à Toulon. Trois d'entre eux ont participé à la conférence nationale du 4 juin.

Un militant qui est intervenu à la tribune de la conférence nationale revient sur le contenu de son intervention : « Les statuts des ouvriers d'Etat sont aujourd'hui attaqués en même temps que le Code du travail. Je pose la question : peut-on défendre les statuts alors que DCNS a été privatisée, sans revendiquer le retour de nos établissements au sein de l'Etat ? Il y a des difficultés à réaliser l'unité sur ces revendications, y compris au sein de l'arsenal, nous n'avons pas encore réalisé l'unité CGT - FO pour le retrait de la loi travail. L'objet de ces comités que l'on propose, c'est pour échanger sur ces questions politiques, et aider à dépasser ces difficultés. »

- Un autre rappelle que lors d'une précédente réunion à Toulon, « on était au lendemain de la déclaration commune CGT - CFDT du 23 février qui ne demandait pas le retrait de la loi travail, mais une amélioration de la loi... La discussion avait permis de renforcer la conviction des militants d'agir au sein de leurs organisations pour qu'elles se positionnent pour le retrait de cette loi régressive, et quelques jours plus tard, les appels se sont multipliés au sein des instances et la CGT a dit clairement « retrait » ! Ces comités de liaison et d'échange, ça permet de construire une force politique pour modifier la situation. Parce que sinon, regardez ce qui vient de se passer au congrès du PCF : les dirigeants disent qu'on peut très bien travailler avec le PS, comme à la Mairie de Paris ! »

- Un militant demande : « Si je comprends bien, le but, c'est d'élargir, en se tournant vers les militants, à la base, et pas de se tourner vers les responsables des partis ? Je suis d'accord avec cette démarche, il faut élargir le noyau de militants convaincus. »

Décisions :

- tous les participants constituent un comité de liaison et d'échange à l'arsenal de Toulon ;

- le compte rendu de la discussion est rédigé et retravaillé par les participants, il sera envoyé à

Informations ouvrières ainsi qu'aux participants à la réunion de La Seyne du mercredi 22 juin.