membre du bureau national du POI,
paru dans Informations ouvrières n° 418
Malgré
l’état d’urgence prolongé de six mois et la chasse aux militants
syndicaux, le 15 septembre s’annonce comme une nouvelle grande
journée de grèves et de manifestations dans tout le pays, pour
l’abrogation de la loi travail. Notons au passage que l’état
d’urgence n’a pas empêché l’horrible attentat de Nice, ce qui
m’oblige à penser qu’il avait essentiellement pour objectif de
bâillonner, mais sans y parvenir, les rassemblements et
manifestations pour le retrait du projet de la loi « Berger »,
heu… El Khomri. De fait, l’état d’urgence a pour but de
museler les opposants à la politique monarchique de Hollande, car il
a bien compris que c’est dans la rue que tout se joue.
« On
ne lâche rien », ce slogan clamé dans les manifestations au
printemps trouve donc, aujourd’hui, son prolongement dans l’unité
syndicale CGT-FO-Solidaires-FSU-UNEF-FIDL-UNL pour l’abrogation de
cette loi scélérate.
Les Français souhaitent
que les manifestations contre la loi Travail se poursuivent, les sondages de l'été l'ont mis en exergue. Ce qui
montre le bien fondé des luttes, des actions, des grèves, des
manifestations depuis début mars et démontre également que les
organisations syndicales réformistes d’accompagnement apparaissent
au grand jour comme des soutiens du patronat, de Bruxelles et de ce
gouvernement en plein délitement qui a perdu toute légitimité, les
ministres le quittant les uns après les autres. Ce qui,
d’ailleurs, n’est pas sans poser de problèmes au sein
d'organisations comme la CFDT, notamment avec ses militants ! Le
bébé risque bien d’être jeté avec l’eau du bain… Berger
trouve d’ailleurs inadmissible la déloyauté de ces ministres qui
désertent.
Personne
ne se plaindra du tournant opéré par la CGT lors de son dernier
congrès à Marseille, marquant ainsi un changement dans son
orientation en renonçant au syndicalisme rassemblé, instrument
initié pour un rapprochement avec la CFDT.
Aujourd’hui,
les conditions de ce rassemblement sont bien plus favorables du point
de vue de la construction d’un front unique avec l’unité
syndicale CGT-FO-Solidaires-FSU-UNEF-FIDL-UNL qui tient bon et qui
est capable de faire reculer le pouvoir, pour gagner l’abrogation
de la loi travail.
Cette
rentrée scolaire est marquée par un appel unitaire à la grève, le
8 septembre, des organisations syndicales SNES FSU, FO, CGT et SUD pour
l'abrogation de la réforme du collège. Les raisons de la mobilisation
des enseignants sont nombreuses… Juste deux exemples : en
cette rentrée scolaire les nouveaux programmes des collèges doivent
être couplés avec de nouveaux manuels, pourtant leur acquisition se
fera sur deux années ! Au lycée Dumont d'Urville, de Toulon,
les enseignants, réunis en assemblée générale avec les sections syndicales SNES et
SNEP FSU, SUD Education, FO, SNALC, ont voté la grève, à partir du
2 septembre, pour exiger le rétablissement de deux classes de
seconde supprimées et refusent des classes à 36, voire 37 élèves.
Avec les parents d'élèves, plus de cent enseignants
ont manifesté devant l'inspection académique du Var. N'ayant pas
obtenu satisfaction ils ont décidé de reconduire la grève le 5
septembre et de manifester au rectorat de Nice.
La
question posée à la classe ouvrière est quelle plate-forme lui faut-il pour faire front à la casse des acquis de 36 et 45. En ce
sens les réunions des comités de liaison et d’échange qui
s’organisent un peu partout dans le pays apportent un moyen d’y répondre.
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