mardi 1 juillet 2014

La grève a commencé à la SNCM

Article paru dans Informations ouvrières :

“Nous irons jusqu’au bout
pour obtenir le respect des engagements écrits du gouvernement”

Mardi 24 juin, à l’appel des syndicats CGT, CFE-CGC, FO, CFTC, SAMM, CFDT, les marins, officiers et sédentaires de la SNCM en grève se sont rassemblés dans une salle du Danielle Casanova, amarré en bout de quai à Marseille.

Une assemblée générale massive s’est tenue. Précisons que la grève, fixée à partir de 6 heures du matin, conduisait à devoir coordonner les assemblées de marins réunies sur les navires amarrés sur chacun des ports où la grève les avait arrêtés.
En discutant avec plusieurs marins avant le début de l’assemblée, se dégage une position commune fondée sur un certain nombre de considérants :
— « Il ne reste plus que la grève, car le début de la saison estivale va commencer et le gouvernement n’a toujours pas mis en oeuvre les engagements qu’il avait pourtant signés concernant notamment, d’une part, la commande des quatre navires à STX Saint-Nazaire et, d’autre part, la publication du décret dit “du pays d’accueil” définissant les mêmes contraintes sociales pour tout marin navigant dans les eaux territoriales françaises. »
— « Cette grève est notre “ultime” combat : au bout, on obtient la mise en oeuvre effective de ces engagements, ou alors c’est la liquidation. Donc nous irons jusqu’au bout pour l’obtenir. »
L’assemblée est introduite par les interventions de chacun des responsables syndicaux signataires de l’appel à la grève. Tous reviennent sur les enjeux de cette grève, ceux de la préservation d’une compagnie maritime nationale navigant sous pavillon français, pour l’exercice d’un service public de continuité territoriale.
C’est la seule garantie permettant de ne pas laisser le champ libre à une compagnie dérogeant au droit français, qui, utilisant tous les outils de la « concurrence libre et non faussée », constituera un monopole privé aboutissant à très court terme à une augmentation des tarifs pour tous les passagers (comme cela a eu lieu en Sardaigne), en y ajoutant les conditions de sécurité dégradées.
Ainsi, il y a quelques jours, un ferry de la Corsica Ferries a touché un haut-fond, occasionnant une voie d’eau, ce qui ne l’a pas empêché de continuer à naviguer durant deux jours.

“75 % DES MARINS ET DES SÉDENTAIRES EN GRÈVE”

La discussion a essentiellement porté sur les actions qui devaient ponctuer la grève, considérant, comme le disait l’un des marins, qu’« il est hors de question de rester sur notre quai à attendre que les réponses arrivent ».
Ont été portés à la connaissance de l’assemblée l’appel à la grève de l’ensemble des marins et des sédentaires par la fédération CGT des syndicats maritimes le 26 juin, pour exiger la publication du décret « Etat d’accueil », et la lettre ouverte aux élus de l’Assemblée de Corse par toutes les organisations syndicales ayant déposé le préavis de grève.
Cette lettre ouverte leur demande d’exiger également du gouvernement le respect de ses engagements, notamment celui du décret « Etat d’accueil » en précisant : « Il est vrai que les salariés détachés des 27 pays de l’Union européenne, sans droits sociaux et dans la précarité, avec des navires de 30 à 40 ans d’âge, ça coûte moins cher que les marins sous pavillon français premier registre avec des navires de nouvelle génération fonctionnant au gaz liquéfié toute l’année entre les ports de la continuité territoriale, au service des usagers et de l’emploi, dans le plus grand respect de l’environnement. »
La grève (reconductible tous les jours) est votée à l’unanimité des présents, le secrétaire de la CGT, Frédéric Alpozzo, précisant sous les applaudissements qu’elle était suivie, ce premier jour de grève, par 75 % des marins et des sédentaires.

GL


lundi 21 avril 2014

Conflit à DCNS : article paru dans Informations ouvrières

DCNS, ancienne Direction des constructions navales, privatisée par le gouvernement Jospin, dont le capital est encore détenu à 64 % par l’Etat, regroupe des personnels de droit privé, embauchés sous convention collective, et des ouvriers d’Etat dont les salaires sont gelés depuis quatre ans comme ceux des fonctionnaires.

Ce sont les négociations annuelles obligatoires (NAO) qui ont mis le feu aux poudres : la direction ne propose que 0,8 % d’augmentation générale pour les personnels de droit privé, alors que les salaires des personnels sous convention collective ont augmenté de 1,85 % l’année précédente.

Elle explique sa proposition par un résultat de l’entreprise en recul (résultat opérationnel de 5 % contre 7 % en 2013). Les personnels n’acceptent pas et s’emparent de leurs organisations syndicales pour riposter : en quelques jours, une pétition nationale CFDTCGT-UNSA pour des augmentations « bien supérieures » (non chiffrées) et pour le rétablissement des bordereaux de salaires des ouvriers d’Etat est signée par plus de la moitié des 13 000 salariés, plusieurs milliers participant aux premiers arrêts de travail sur leurs sites à l’appel des trois syndicats. La grève n’est pas reconduite tous les jours, pour « préserver l’unité syndicale », ce qui aboutit, le 6 mars, dernière réunion de négociation, à un accord signé par la CGC et l’UNSA, qui acceptent 1,25 % d’augmentation. Quant aux personnels ouvriers d’Etat, leurs salaires restent gelés. La CGC et l’UNSA représentent plus de 30 % du personnel. La CFDT et la CGT en représentent 65 % et ont la possibilité de dénoncer l’accord. Mais la CFDT, premier syndicat de DCNS, refuse et n’appelle plus aux manifestations, sauf à Toulon où, poussée par sa base, elle maintient l’unité avec la CGT sur des revendications locales sur les primes et les emplois… avant de s’arrêter le 18 mars, jour où le syndicat CGT, après une interpellation du DRH à l’arsenal, rejoint la manifestation interprofessionnelle contre le pacte de responsabilité à l’appel des unions départementales CGT, FO, FSU et Solidaires du Var.

Qu’est-ce qui permet au P-DG de DCNS de ne pas céder aux revendications, malgré les arrêts de travail et les blocages de la production ? Le tract du syndicat CGT de DCNS Toulon appelant à la manifestation du 18 mars n’est sorti que la veille, plusieurs responsables disant « avoir peur de rompre l’unité avec la CFDT si l’on met en avant leur position sur le pacte de responsabilité ». Le tract va finalement être publié, précisant le lien entre le pacte de responsabilité et cette NAO : « L’argent versé par l’Etat aux entreprises, ça ne bénéficie à l’arrivée qu’aux actionnaires : DCNS perçoit 6 millions d’euros pour le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), et on voit le résultat sur l’emploi et les salaires bloqués ! » Le patronat est encouragé par les mesures du gouvernement pour baisser le coût du travail, et donc bloquer les salaires. Il est également encouragé par la CFDT qui valide, avec sa signature du pacte de responsabilité, la baisse du salaire différé, avec les 30 milliards d’exonérations de cotisations patronales. Au lendemain du 18 mars, où le cortège DCNS était le plus nombreux dans la manifestation de Toulon, les syndiqués CFDT s’interrogent ; un jeune travailleur déchire la carte de la CFDT, et explique : « Cela fait six ans que je suis au même indice, il y en a ras le bol ! La CFDT n’a pas signé l’accord des NAO, mais elle refuse de le dénoncer. Ils ont donc avalisé les NAO, comme l’UNSA et la CGC, au lieu de se battre pour leurs adhérents et les salariés. J’adhère à la CGT : un syndicat, ça doit servir à défendre les droits et pas qu’à encaisser les cotisations ! »

A DCNS comme ailleurs, les salariés ont besoin de syndicats indépendants pour gagner sur leurs revendications. Le 20 mars, les personnels poursuivaient la mobilisation avec la CGT dans les établissements de Lorient, Toulon, Ruelle, Cherbourg, Brest et Indret. Mais ces arrêts de travail sont décidés par les syndicats CGT dans les établissements. Les personnels s’interrogent et cherchent comment faire reculer les dirigeants de DCNS. Ne faut-il pas un appel national à la grève des délégués syndicaux centraux de la CGT sur des revendications précises, pour amplifier le rapport de force et gagner des augmentations de salaire ?

Plusieurs militants prennent Informations ouvrières pour poursuivre cette discussion sur la recherche de l’unité, sur l’appel aux manifestations du 18 mars contre le pacte de responsabilité, et une réunion est en préparation pour regrouper des syndicalistes de l’arsenal dans le cadre de la prochaine conférence avec les initiateurs de « l’appel des 160 » pour l’indépendance syndicale.

Réforme des rythmes scolaires : article de Var matin

Lien vers l'article du 15 mars suite à la conférence de presse du
Comité varois pour l'unité pour l'abrogation du décret Peillon sur les rythmes scolaires :

http://www.varmatin.com/la-seyne-sur-mer/reforme-des-rythmes-scolaires-le-comite-varois-mobilise-pour-l’abrogation-du-decret.1610255.html


samedi 1 mars 2014

Lettre ouverte aux candidats aux municipales à Draguignan

Dès le mois de juin 2013, le comité POI de Draguignan publiait un article s’adressant aux futurs candidats aux municipales :
Pour le comité POI de Draguignan, la campagne des municipales de 2014 est engagée : « Depuis 3 ans rien n’a été fait pour sécuriser les populations face aux inondations ; et on nous parle de 15 à 20 ans ! La population ne peut pas accepter de vivre pendant 15 à 20 ans dans l’angoisse. L’entretien des cours d’eau, le renforcement du pluvial, l’aménagement de grands travaux de sécurisation des espaces urbanisés, sont une exigence vitale. Nous savons que les DDE ont été démantelées. Nous savons que des missions publiques telles que l’aide technique aux communes ont été abandonnées, que les quelques aménagements et travaux annoncés se font à budget limité. Au nom de quelles contraintes budgétaires ? Celles imposées par l’Union Européenne ! Mettre les sommes nécessaires à la sécurisation de nos cours d’eau plutôt que dans le paiement des milliards de la spéculation sur la dette publique, c’est sur cette exigence que le POI se dit d’ores et déjà disposé à proposer la constitution d’une liste d’unité pour les prochaines élections municipales à Draguignan ». (Publié dans Informations Ouvrières du 20 juin 2013).
A ce jour, aucun des candidats ne s’est prononcé dans ce sens. Aucun ne manque d’idées, qui vont du grand centre commercial du candidat UMP, aux pistes cyclables le long de la Narturby pour celui du PCF.
Mais aucun ne mentionne une proposition visant à mettre, au centre de son mandat, le financement des grands travaux nécessaires à préserver les populations des inondations.
Aucun ? Pas tout à fait : Le candidat du PS affiche certes sa volonté de créer un « bassin écrêteur de crue » pour « réguler le débit de la Narturby », mais il ajoute « ne pas avoir chiffré le coût d’un tel ouvrage ».
M. le sous Préfet de Draguignan, quant à lui, a répondu, lors de la présentation du PPRI : « Il y a des risques avec lesquels il faudra toujours vivre. Je ne peux pas vous dire à l’heure qu’il est ce que coûteraient les travaux à effectuer, sans doute des dizaines de millions, ni même en quoi ils devraient consister, où situer les barrages par exemple… ».
C’est le représentant du gouvernement du Président Hollande PS et de son 1er ministre PS qui dit « circulez, il n’y a ni argent, ni même intention de faire les travaux nécessaires ! ».
Les « dizaines de millions que coûteraient les travaux » ? Vous n’y pensez pas ! dit le Préfet. A l’heure des plans d’austérité, des restrictions budgétaires dans tous les budgets publics (-50 milliards, notamment pour financer les 35 milliards d’exonérations des cotisations familiales pour les patrons), ni l’Etat, ni les collectivités ne sont donc en mesure de prendre en compte la plus urgente et vitale des décisions : engager les dizaines de millions de travaux permettant de créer non seulement un, mais plusieurs bassins écrêteurs, les canalisations de drainage des cours d’eau, les renforcements de rives et de digues…
Comment peut-on afficher une candidature qui dit vouloir « absolument sécuriser le secteur des crues », comme le déclare M. Seror, et faire silence sur le plan d’austérité de son gouvernement qui liquide par centaines les postes et les budgets d’intervention dans la fonction publique ?
Nous appelons les travailleurs, les jeunes et leurs familles, les militants, à se joindre à notre appel pour que les candidats qui se disent aux côtés des intérêts de la population cessent de tourner le dos aux efforts nécessaires en matière de sécurisation des familles et des salariés face aux inondations.
Le 18 mars prochain, une semaine avant le 1er tour de ces élections municipales, les confédérations FO et CGT appellent, avec FSU et Solidaires, à la grève et à la manifestation contre le « pacte de confiance » de Hollande-Ayrault-MEDEF. Incontestablement, cette grève interprofessionnelle s’inscrit dans l’exigence qui se renforce dans tous le pays pour que soient enfin pris en compte les besoins vitaux des travailleurs et de la jeunesse. Pour la Dracénie, faire cesser le danger mortel face aux inondations fait partie de ces exigences. Aucun candidat ne peut se taire sur cette exigence.

mercredi 18 décembre 2013

Appel du Comité POI de Toulon pour les municipales 2014

Pour une liste de militants ouvriers, pour la rupture avec les mesures d'austérité du gouvernement Hollande – Ayrault et ses relais politiques


L’an dernier, Sarkozy a été chassé, mais la politique d’austérité du gouvernement Hollande-Ayrault est pire, dans le sens où il va encore plus loin (43 annuités pour la retraite, blocage des salaires, plans de licenciements suite à la loi de « sécurisation de l’emploi » avec l’accord MEDEF-CFDT). Cela accentue chez les travailleurs le sentiment d’avoir été trompés par celui qui se présentait comme le candidat du « changement ». Les Toulonnais sont évidemment impactés :

-      La Loi de Programmation Militaire 2014 – 2019 vient d’être votée : 34 000 emplois civils et militaires seront supprimés (après 44 000 sous Sarkozy). Combien à l’arsenal, Toulon étant la première base de défense du pays ? Dans ces conditions, comment comprendre l’abstention des sénateurs communistes (ils ont même dit qu’il s’agissait d’une « abstention positive »), c’est donc bien grâce aux sénateurs communistes si la loi vient d’être adoptée au sénat en deuxième lecture (162 voix pour - 146 contre - 20 abstentions des sénateurs PCF) ?
Dans le même temps, le Ministre de la Défense projette de transférer l’entretien des sous-marins SNA de Toulon à Brest, alors qu’il représente 40 % du plan de charge de DCNS Toulon.

-        Fermeture de 8 classes à Toulon (écoles Jean Aicard 2, les remparts, Debussy....), imposant des effectifs à 30 élèves, dans une situation où la loi Peillon sur l’école a été votée avec l’appui des députés Front de Gauche (alors que le décret sur les rythmes scolaires est rejeté par les parents d’élèves et les enseignants avec leurs organisations syndicales).

-       Le projet de privatisation du Tunnel de Toulon est maintenu (demain un péage ?), suite à l’accord Etat - Région - TPM (avec l’accord de Falco et des élus PS-PCF-PG à la Région).

-       L’hôpital de Toulon présente un déficit de 2,8 millions d’euros, entraînant la suppression de 100 postes, au détriment du service public. Ceci fait suite aux lois des gouvernements successifs sur les hôpitaux (tarification à l’acte, autonomie des établissements, loi HPST de la Ministre Bachelot maintenue par le gouvernement Ayrault).

Le mécontentement face à cette politique grandit. Mais qu’est-ce qui permet au gouvernement Hollande-Ayrault de poursuivre la politique d’austérité de l’Union Européenne rejetée par les travailleurs ? N’est-ce pas parce que certains relais politiques, tout en critiquant la politique d’austérité, permettent par leur positionnement de préserver le gouvernement (abstentions « positives », vote de la loi Peillon, etc.) ? Ceci entraîne une pression sur les dirigeants des organisations syndicales, le gouvernement cherchant à les associer à la politique d’austérité dans le cadre de conférences sociales et du « dialogue social ».

Nous avons décidé de construire une liste de militants ouvriers pour les prochaines élections municipales, pour aider à réaliser l’unité contre les mesures du gouvernement et leurs répercussions sur la ville de Toulon. Il n’est donc pas possible, bien évidemment de nous associer à une liste PS, tout en étant conscients que le Front de gauche est à géométrie variable selon les circonstances : clamer dans des réunions locales le rejet de cette politique d’austérité et dans le même temps voter ou s’abstenir à l’Assemblée nationale, au sénat ou au conseil régional. Cependant, nous sommes ouverts à des discussions, localement, sur des bases claires excluant tout appel à voter au second tour pour une liste qui soutient le gouvernement et l’Union européenne.

Un militant syndicaliste de l’arsenal disait à notre journal Informations ouvrières, « je veux participer à la construction de ce regroupement de militants et syndicalistes qui refusent de subir cette politique de soumission aux plans d’austérité… car il faut faire grandir cette force, une force politique de gauche, 30 années de recul, ça suffit ! » C’est le sens que nous voulons donner à cette liste de militants ouvriers aux municipales, afin qu’elle soit un point d’appui pour les travailleurs, et plus largement les Toulonnais.

Une liste de militants ouvriers, pour la rupture avec les mesures d'austérité du gouvernement Hollande – Ayrault et ses relais politiques,
et pour :

-     Arrêt du démantèlement de l’arsenal, retrait de la Loi de Programmation Militaire, retour au statut de la DCN, et maintien de l’entretien des SNA à Toulon
-    Abandon de la privatisation du tunnel
-   Rétablissement de toutes les classes supprimées, abrogation de la réforme des rythmes scolaires envisagée pour la prochaine rentrée scolaire
- Rétablissement de toutes les missions hospitalières, abrogation de la loi Bachelot  

Pour soutenir cette initiative, pour vous porter candidat sur cette liste,
pour être invité(e) à la prochaine réunion du comité POI de Toulon :

écrivez à parti.ouvrier.independant.83@gmail.com

 

jeudi 24 octobre 2013

Meeting du POI à Marseille samedi 23 novembre à 15 h

En finir avec la politique du gouvernement
aux ordres de l'Union européenne !

Le 23 novembre prochain, la fédération des Bouches-du-Rhône du POI vous invite largement, travailleurs, militants, élus, jeunes engagés dans le combat contre la réforme des retraites, la réforme des rythmes scolaires, contre les licenciements, contre la mise en place de la Métropole, à participer à un meeting régional ouvrier et internationaliste.

Nous vous invitons à un meeting politique de combat contre l’austérité,
contre le gouvernement Hollande-Ayrault et l’Union européenne.

Ce gouvernement multiplie les contre-réformes pour répondre aux exigences de l’Union européenne et du FMI de baisse du coût du travail, exigence des patrons qui conduit à l’aggravation de l’exploitation, à la précarisation générale avec toutes ses conséquences dramatiques en matière de vie sociale.
À Marseille, le chômage frappe près de 20% des travailleurs et 30% des jeunes, une personne sur quatre vit en dessous du seuil de pauvreté, des quartiers entiers sont totalement sinistrés.
Depuis des années, les gouvernements successifs ont aidé, financé les plans de restructuration et de licenciements, détruisant tout le tissu industriel (la réparation navale, la pétrochimie, Net cacao, Fralib).
Pendant la campagne des présidentielles, les représentants des partis prétendant  défendre les intérêts de la classe ouvrière sont venus dans ces usines, pour soutenir les salariés en grève contre les licenciements et les restructurations.
Aujourd’hui, le gouvernement Hollande-Ayrault poursuit la politique d’accompagnement des plans de licenciements, c’est maintenant : Ken one, les Moulins Maurel, la SNCM…
Dans notre département, ce sont 50 000 emplois de plus qui sont menacés !
C’est dans cette situation de saccage organisé, que M. Ayrault et cinq ministres ont fait le déplacement sur Marseille cet été, puis M. Valls à la rentrée pour y proposer « un pacte national contre la violence ».
Mais la principale violence exercée contre les jeunes, les travailleurs et l’ensemble de la population n’est-elle pas celle d’interdire le droit au travail, le droit au salaire ?
Alors « un pacte national » pour quoi faire ?
Pour mettre en place l’union sacrée, avec des élus de droite et de gauche, des représentants des partis, des syndicats, et la « société civile » tous réunis pour faire de Marseille un laboratoire de la désagrégation sociale ?
Les travailleurs ne veulent pas de cette désagrégation sociale
conduite par le gouvernement, et rejettent sa politique.

C’est la raison du résultat de Brignoles : 67,7 % des électeurs ont refusé d’aller voter lors de la cantonale partielle !
C’est la raison de l’éviction de la Ministre Carlotti, candidate soutenue par Hollande, dès le premier tour de la primaire socialiste ! 
Une chose est sure : quel que soit le candidat qui sera élu Maire, il aura face à lui les élus du département, mobilisés depuis des mois contre la mise en place forcée d’une Métropole qui détruit les communes et la démocratie républicaine, liquide des milliers d’emplois chez les personnels territoriaux et détruit les services publics pour satisfaire le MEDEF et les multinationales.
A Marseille, comme dans tout le pays, les travailleurs ne veulent pas de cette politique de destruction, en témoigne la formidable mobilisation contre la réforme des rythmes scolaires ou encore l’explosion de colère des travailleurs de Gad, qui avec leurs syndicats crient : « On ne se laissera pas faire ! »
Alors qu’est-ce qui permet au gouvernement de continuer ?
N’est-ce pas l’aide apportée par ceux qui se disent du côté des travailleurs, ou du côté des Marseillais mais veulent enfermer les revendications dans le cadre voulu par le gouvernement ?
L'éditorial de L'Humanité du 4 octobre est clair : « La réforme (des rythmes scolaires) portera ses fruits si l'on sort par le haut de la confusion actuelle. » Un soutien ouvert pour la mise en place de la réforme !
Ainsi à Marseille, alors que le conseil municipal s’est prononcé pour le report de la mise en place de la réforme, M. Menucci, candidat du PS à la Mairie, regrette que le Maire « ferme d'emblée la porte à cette réforme » et multiplie les réunions dans les groupes scolaires pour la mettre en place, contre la volonté des parents, des instituteurs et des organisations syndicales. Le même candidat qui a fait sa campagne électorale contre les personnels territoriaux et leur syndicat.
La révolte grandissante des instituteurs et des parents contre la réforme des rythmes scolaires, avec à Paris l’appel de tous les syndicats à la grève le 14 novembre, repris au plan national par FO et la CGT, comme précédemment les appels communs à la journée de grèves et de manifestations du 10 septembre puis du 15 octobre appelées par  les confédérations CGT, FO, la FSU et Solidaires, contre la réforme des retraites, indiquent une autre voie : celle de la classe ouvrière unie avec ses organisations syndicales qui se dresse clairement contre les lois réactionnaires du gouvernement.
Cette voie maintenant s’impose : tout faire pour réaliser l’unité des travailleurs et des organisations et, sans craindre de « désobéir » à Bruxelles, oser affronter ce gouvernement pour le faire céder.
Ce sera le premier pas concret pour sortir la société de l’impasse.
Cette impasse, c’est celle de la domination du capital financier, servi par les institutions de la Ve République et de l'Union européenne. Dans toute l’Europe elle provoque le soulèvement des peuples.
Nous vous invitons à un meeting internationaliste, avec un camarade syndicaliste venu du Portugal, participant de la conférence de Tarragone le 17 mars dernier qui a rassemblé des militants venus de toute l’Europe pour œuvrer à l’unité contre les plans de la Troïka.
Pour le POI, le moment est venu de débattre fraternellement de ces questions  avec tous ceux qui sont engagés dans les combats de défense des conquêtes sociales, de la démocratie et de la République.                                                        

 Retraites, rythmes scolaires, métropole, licenciements, précarité... 
 En finir avec la politique de ce gouvernement aux ordres de l'Union européenne
Meeting régional du POI à Marseille

sous la présidence de Claude Jenet, Secrétaire national
avec la présence de Daniel Gluckstein et Gérard Schivardi,
Secrétaires nationaux
et d’un militant syndicaliste Dockers du Portugal

Samedi 23 novembre 2013 à 15 h.
Château des Fleurs – 16 bd Michelet – 13008

(Métro Rond-Point du Prado)

Départ depuis Toulon : inscrivez-vous à l’adresse e-mail       parti.ouvrier.independant.83@gmail.com

dimanche 6 octobre 2013

Loi de Programmation Militaire, retraites, budget, impôt... Assez de la politique de ce gouvernement et de l'UE !


En plus de la « réforme » des retraites qui aggrave la réforme Fillon avec 43 annuités de cotisation…

En plus de l’augmentation des impôts, alors que les patrons bénéficieront d’un crédit d’impôt pour la compétitivité de 20 milliards d’euros par an… Sans compter les 60 à 80 milliards d’euros d’évasion fiscale par an.

En plus de la menace de guerre contre la Syrie, après l’intervention militaire française au Mali…

Le gouvernement Hollande-Ayrault veut maintenant supprimer 15 milliards d’euros dans les crédits ministériels, les dotations aux collectivités locales, dans le budget de la sécurité sociale !

La Loi de Programmation militaire menace 1 000 emplois à DCNS
et 34 000 au Ministère de la Défense,
elle ne répond pas aux besoins de la Marine Nationale

C’est dans ce contexte que le gouvernement a publié le projet de Loi de Programmation Militaire (LPM) pour les années 2014 à 2019, expliquant dès l’exposé des motifs qu’avec cette LPM, « le gouvernement entend respecter la nécessaire prise en compte de l’objectif de redressement des finances publiques de la France ». Au nom du traité européen sur la stabilité (TSCG), 34 000 emplois doivent être supprimés au Ministère de la Défense dans les 5 ans à venir !

Patrick Boissier, le PDG de DCNS, a été auditionné par la Commission de la Défense de l’Assemblée Nationale, et il n’a pas caché, selon le journal financier Les Echos du 19 septembre, « l’ampleur des conséquences sur les programmes du groupe naval », l’étalement de certains programmes (sous-marins Barracuda, FREMM) entraînant la suppression de 1 000 emplois, à DCNS et dans la sous-traitance.

Les conséquences pour DCNS et ses personnels

Le patron de DCNS a également réclamé la privatisation quasi-totale de DCNS, en revendiquant la perte de la majorité des actions détenues par l’Etat, en la restructurant à l’échelle de l’Europe : « Jusqu’où peut-on aller tout en maintenant pour l’Etat sa capacité à contrôler et à exercer son pouvoir régalien sur ce qui est essentiel en matière stratégique, en matière de secret ? On peut comparer avec EADS, dont la filiale Astrium fait les missiles de la force de frappe. Avec 12 % du capital d’EADS, l’Etat a considéré qu’il avait encore les moyens d’exercer son pouvoir. On pourrait donc considérer qu’à DCNS, 12 % suffiraient. Il faudra de toute façon que progressivement ça se fasse », précisant que pour lui, il faut une « stratégie d’alliances de l’industrie navale de défense en Europe dans un monde où la concurrence s’exacerbe », avec « des regroupements, des rationalisations »… Chacun sait que cela signifie des milliers de suppressions d’emplois et la liquidation du statut des ouvriers d’Etat restant à DCNS !
Le Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a rétorqué le lendemain dans le journal « Ouest-France », « Monsieur Boissier doit rester dans le cadre de ses fonctions. Ainsi en matière d'actionnariat, le décideur c'est moi ; aujourd'hui la question d'un nouveau modèle n'est pas à l'ordre du jour. C'est un peu ferme, mais c'est le patron qui parle. » On pourrait être rassuré par les propos d’un Ministre « socialiste » qui s’exprime ainsi, mais n’oublions pas que c’est le gouvernement de « gauche plurielle » Jospin – Gayssot – Mélenchon qui a transformé l’ancienne administration DCN en société de droit privé ! Et on peut avoir toutes les craintes quand la LPM prévoit chaque année, de 2014 à 2016, plus d’un milliard de « ressources exceptionnelles » pour équilibrer le budget : la cession d’une partie du capital de DCNS apporterait ces recettes exceptionnelles…

Mais le véritable patron est-il vraiment Le Drian ?

N’est-ce pas plutôt la Commission européenne, à laquelle le gouvernement, comme les précédents, a choisi de se soumettre ? Une Communication de la Commission européenne du 24 juillet 2013, « Vers un secteur de la défense et de la sécurité plus compétitif et plus efficace », rappelle que le Conseil européen de décembre 2008 a souligné que « la restructuration de la base industrielle et technologique de défense européenne, notamment autour de centres d’excellence européenne évitant les redondances, afin d’assurer sa solidité et sa compétitivité, constitue une nécessité stratégique et économique ». Et la LPM indique que « la France considère que la construction européenne en matière de défense et de sécurité est une nécessité », et qu’il « s'agit de favoriser le développement et les mutualisations des capacités militaires les plus onéreuses, tout en encourageant la consolidation de l’industrie de défense des pays européens. » Qui est le patron, Le Drian ou la Commission de Bruxelles ?...

La solution serait l’export ou la diversification ?

Face aux suppressions d’emplois induites par la LPM, le PDG Boissier dit au Figaro du 27 septembre "Il nous appartient de compenser cet étalement de charge grâce à notre développement à l'international et dans l'énergie", autre domaine d'activité du groupe. Patrick Boissier raisonne en patron d’entreprise : pour lui, peu importe que DCNS fabrique des armes pour les exporter à des pays comme l’Inde, le Pakistan, la Lybie... Peu importe le statut de DCNS et de ses personnels, pour lui, peu importe que DCNS travaille pour la Marine Nationale, pour les marines étrangères ou pour ErDF ! Parce que pour Boissier, comme pour l’Union européenne et le gouvernement, ce qu’il faut, ce n’est pas répondre aux besoins de la population (avec un industriel étatique, DCN, au service de la Défense Nationale), mais c’est plutôt chercher des solutions capitalistes dans le cadre de la « concurrence libre et non faussée », que le peuple français a pourtant rejeté en votant NON au référendum sur la Constitution européenne en 2005 ! Les conséquences de cette politique de privatisation, tout le monde les connaît : baisse des salaires, polyvalence, sous-traitance massive, accentuant encore plus la précarité…

Non aux privatisations, assez de ce gouvernement et de l’Union européenne !

Les travailleurs en ont assez de cette politique. Cette résistance s’est traduite par les centaines de milliers de manifestants présents le 10 septembre contre la « réforme » des retraites, réalisant l’unité des confédérations CGT et FO, refusant toute subordination  à ce gouvernement aux ordres du capital financier et de l’Union européenne. N’est-ce pas la voie à suivre, que ce soit pour le retrait du projet de loi Ayrault sur les retraites, ou pour le retrait des mesures destructrices de la LPM ? A Saint-Nazaire, pour défendre leurs emplois dans les chantiers STX, les travailleurs se sont mobilisés avec leurs organisations syndicales qui revendiquent « l’entrée majoritaire de l’Etat dans le capital » du chantier naval. A Toulon, de la même façon, n’est-il pas nécessaire d’engager une campagne pour reconquérir une DCN à statut d’Etat, service public répondant aux besoins de la Marine Nationale ? De même, ne faut-il pas reconquérir les monopoles publics, dans tous les secteurs, ce qui implique de rompre avec l’Union européenne ?

Ces questions, et le débat qu’elles appellent, seront au centre du meeting du POI :
 
 
Meeting SAMEDI 23 novembre 2013
à Marseille
 
Départ depuis Toulon : inscrivez-vous auprès des adhérents du POI
ou à l’adresse e-mail