En plus de la
« réforme » des retraites qui aggrave la réforme Fillon avec 43
annuités de cotisation…
En plus de l’augmentation des
impôts, alors que les patrons bénéficieront d’un crédit d’impôt pour la
compétitivité de 20 milliards d’euros par an… Sans compter les 60 à 80
milliards d’euros d’évasion fiscale par an.
En plus de la menace de guerre
contre la Syrie, après l’intervention militaire française au Mali…
Le gouvernement Hollande-Ayrault
veut maintenant supprimer 15 milliards d’euros dans les crédits ministériels,
les dotations aux collectivités locales, dans le budget de la sécurité
sociale !
La Loi de Programmation militaire menace 1 000 emplois à DCNS
et 34 000 au Ministère de la Défense,
elle ne répond pas aux besoins de
la Marine Nationale
C’est dans ce contexte que le gouvernement a publié le
projet de Loi de Programmation Militaire (LPM) pour les années 2014 à 2019,
expliquant dès l’exposé des motifs qu’avec cette LPM, « le gouvernement entend respecter la nécessaire prise en compte
de l’objectif de redressement des finances publiques de la France ». Au nom du traité européen sur la stabilité (TSCG), 34 000
emplois doivent être supprimés au Ministère de la Défense dans les 5 ans à
venir !
Patrick Boissier, le PDG de DCNS,
a été auditionné par la Commission de la Défense de l’Assemblée Nationale, et
il n’a pas caché, selon le journal financier Les Echos du 19 septembre, « l’ampleur
des conséquences sur les programmes du groupe naval », l’étalement de
certains programmes (sous-marins Barracuda, FREMM) entraînant la suppression de
1 000 emplois, à DCNS et dans la sous-traitance.
Les conséquences pour DCNS et ses personnels
Le patron de DCNS a également réclamé
la privatisation quasi-totale de DCNS, en revendiquant la perte de la majorité
des actions détenues par l’Etat, en la restructurant à l’échelle de
l’Europe : « Jusqu’où peut-on
aller tout en maintenant pour l’Etat sa capacité à contrôler et à exercer son
pouvoir régalien sur ce qui est essentiel en matière stratégique, en matière de
secret ? On peut comparer avec EADS, dont la filiale Astrium fait les
missiles de la force de frappe. Avec 12 % du capital d’EADS, l’Etat a considéré
qu’il avait encore les moyens d’exercer son pouvoir. On pourrait donc
considérer qu’à DCNS, 12 % suffiraient. Il faudra de toute façon que
progressivement ça se fasse », précisant que pour lui, il faut une « stratégie d’alliances de l’industrie
navale de défense en Europe dans un monde où la concurrence s’exacerbe »,
avec « des regroupements, des
rationalisations »… Chacun sait que cela signifie des milliers de
suppressions d’emplois et la liquidation du statut des ouvriers d’Etat restant
à DCNS !
Le Ministre de la Défense,
Jean-Yves Le Drian, a rétorqué le lendemain dans le journal « Ouest-France », « Monsieur Boissier doit rester dans le
cadre de ses fonctions. Ainsi en matière d'actionnariat, le décideur c'est moi
; aujourd'hui la question d'un nouveau modèle n'est pas à l'ordre du jour.
C'est un peu ferme, mais c'est le patron qui parle. » On pourrait être
rassuré par les propos d’un Ministre « socialiste » qui s’exprime
ainsi, mais n’oublions pas que c’est le
gouvernement de « gauche plurielle » Jospin – Gayssot – Mélenchon
qui a transformé l’ancienne administration DCN en société de droit privé !
Et on peut avoir toutes les craintes quand la LPM prévoit chaque année, de 2014
à 2016, plus d’un milliard de « ressources
exceptionnelles » pour équilibrer le budget : la cession d’une
partie du capital de DCNS apporterait ces recettes exceptionnelles…
Mais le véritable patron est-il vraiment Le Drian ?
N’est-ce pas plutôt la Commission
européenne, à laquelle le gouvernement, comme les précédents, a choisi de se
soumettre ? Une Communication de la
Commission européenne du 24 juillet 2013, « Vers un secteur de la défense et de la sécurité plus compétitif
et plus efficace », rappelle que le Conseil européen de décembre 2008
a souligné que « la restructuration
de la base industrielle et technologique de défense européenne, notamment
autour de centres d’excellence européenne évitant les redondances, afin
d’assurer sa solidité et sa compétitivité, constitue une nécessité stratégique
et économique ». Et la LPM indique que « la France considère que la construction européenne en matière
de défense et de sécurité est une nécessité », et qu’il « s'agit de
favoriser le développement et les mutualisations des capacités militaires les
plus onéreuses, tout en encourageant la consolidation de l’industrie de défense
des pays européens. » Qui est le patron, Le Drian ou la Commission de
Bruxelles ?...
La solution serait l’export ou la diversification ?
Face aux
suppressions d’emplois induites par la LPM, le PDG Boissier dit au Figaro du 27 septembre "Il nous appartient de compenser cet étalement
de charge grâce à notre développement à l'international et dans l'énergie", autre domaine
d'activité du groupe. Patrick Boissier raisonne en patron
d’entreprise : pour lui, peu importe que DCNS fabrique des armes pour les exporter
à des pays comme l’Inde, le Pakistan, la Lybie... Peu importe le statut de DCNS
et de ses personnels, pour lui, peu importe que DCNS travaille pour la Marine Nationale,
pour les marines étrangères ou pour ErDF ! Parce que pour Boissier, comme
pour l’Union européenne et le gouvernement, ce qu’il faut, ce n’est pas
répondre aux besoins de la population (avec un industriel étatique, DCN, au
service de la Défense Nationale), mais c’est plutôt chercher des solutions capitalistes
dans le cadre de la « concurrence libre et non faussée », que le
peuple français a pourtant rejeté en votant NON au référendum sur la
Constitution européenne en 2005 ! Les conséquences de cette politique de
privatisation, tout le monde les connaît : baisse des salaires,
polyvalence, sous-traitance massive, accentuant encore plus la précarité…
Non aux privatisations, assez de ce gouvernement et de l’Union
européenne !
Les travailleurs en ont assez de cette politique. Cette résistance
s’est traduite par les centaines de milliers de manifestants présents le 10
septembre contre la « réforme » des retraites, réalisant l’unité des confédérations
CGT et FO, refusant toute subordination
à ce gouvernement aux ordres du capital financier et de l’Union
européenne. N’est-ce pas la voie à suivre, que ce soit pour le retrait du
projet de loi Ayrault sur les retraites, ou pour le retrait des mesures
destructrices de la LPM ? A Saint-Nazaire, pour défendre leurs emplois dans
les chantiers STX, les travailleurs se sont mobilisés avec leurs organisations
syndicales qui revendiquent « l’entrée
majoritaire de l’Etat dans le capital » du chantier naval. A Toulon,
de la même façon, n’est-il pas nécessaire d’engager une campagne
pour
reconquérir une DCN à statut d’Etat, service public répondant aux besoins de la
Marine Nationale ? De même, ne faut-il pas reconquérir les monopoles
publics, dans tous les secteurs, ce qui implique de rompre avec l’Union
européenne ?
Ces questions, et le débat qu’elles appellent, seront au centre du
meeting du POI :
Meeting
SAMEDI 23 novembre 2013
à Marseille
Départ depuis Toulon : inscrivez-vous auprès des
adhérents du POI
ou à l’adresse e-mail
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