Le sous-Préfet de Draguignan déclare ne pas savoir « ce
que coûteraient les travaux, ni même en quoi ils devraient consister », à propos d'éventuelles nouvelles inondations. Pour
le comité POI de Draguignan, la campagne des municipales de 2014 est engagée.
Rappelons les faits :
Le 10 avril 2010, à la suite d’une très importante pluie « de type
cévenole », une inondation majeure envahissait plusieurs communes de la
région de Draguignan, emportant 25 personnes, pour beaucoup surprises dans leur
véhicule, et dont certains des corps ne furent retrouvés que plusieurs jours
après.
Depuis cette date, élus et gouvernement, ayant pris soin d’ériger un
monument sur l’une des avenues de Draguignan, et de faire célébrer les offices
religieux, décidèrent de faire établir par les services de l’Etat (la DDTM ), le PPRI (Plan de
prévention des risques inondation) pour la rivière la Nartuby , qui irrigue toute
cette micro-région.
Mais qu’est-ce qu’un PPRI :
une cartographie qui matérialise les espaces inondés en cas de renouvellement de
crues de type centennale (comme celle de 2010), et indique des « zones
rouges » qui seraient « à risque » pour les populations, c’est à dire mortelles (compte tenu de la vitesse et de la hauteur des eaux en ces
lieux). C’est un document de l’Etat, qui formule des règles, dont
l’interdiction de toute nouvelle construction dans ces « zones
rouges ».
Problème pour les constructions
déjà existantes ? Ce qui est le cas pour l’essentiel de ces zones, car
l’urbanisme et les droits à bâtir se sont développés depuis des dizaines
d’années, sans que soient prises en compte ces questions de gestion des eaux de
pluie.
Le comité POI de Draguignan,
dans le cadre de la préparation du 4° congrès ouvert, a décidé d’engager une
campagne publique, en posant les questions suivantes : 25 morts en 2010 ! Pourquoi ? Qui
est responsable ? Quels moyens pour que plus jamais cela ne se
reproduise ? Peut-on être candidat à la mairie de Draguignan en 2014 sans
répondre à ces questions ?
C’est pourquoi, informés de la tenue d’une réunion de présentation du
PPRI, nous avons posé ces questions publiquement, et notamment celle des moyens
à mettre en œuvre pour réaliser les travaux permettant de mettre à l’abri les
populations qui se retrouvent dans ces « zones rouges ».
Intervention applaudie par les présents à cette réunion, et à laquelle
ont répondu le premier adjoint au maire actuel, député UMP, et le sous-préfet.
Le député : « Il faudra
entre 15 et 20 ans pour mettre le pluvial de Draguignan à niveau.
Vaison-la-Romaine, sinistrée en 1999, n’a fini ses travaux que cette
année ».
Le sous-préfet : « Il y
a des risques avec lesquels il faudra toujours vivre. Je ne peux pas vous dire
à l’heure qu’il est ce que coûteraient les travaux à effectuer, sans doute des
dizaines de millions, ni même en quoi ils devraient consister, où situer les
barrages par exemple... »
Pour le comité POI de
Draguignan, la campagne des municipales de 2014 est engagée : "Depuis
3 ans rien n’a été fait ; et on nous parle de 15 à 20 ans ! La
population ne peut pas accepter de vivre pendant 15 à 20 ans dans l’angoisse.
L’entretien des cours d’eau, le renforcement du pluvial, l’aménagement de
grands travaux de sécurisation des espaces urbanisés, sont une exigence vitale.
Nous savons que les DDE ont été démantelées. Nous savons que des missions
publiques telles que l’aide technique aux communes ont été abandonnées, que les
quelques aménagements et travaux annoncés se font à budget limité. Au nom de
quelles contraintes budgétaires ? Celles imposées par l’Union
Européenne ? Mettre les sommes nécessaires à la sécurisation de nos cours
d’eau plutôt que dans le paiement des milliards de la spéculation sur la dette
publique, c’est sur cette exigence que le POI se dit d’ores et déjà disposé à
proposer la constitution d’une liste d’unité pour les prochaines élections
municipales à Draguignan."
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